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Bulletin Quotidien Europe N° 8416
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Dans un contexte économique et géopolitique difficile, les Douze se félicitent de la baisse des taux d'intérêt de la BCE et se préparent à coordonner leur action pour réagir à une hausse des prix du pétrole

Bruxelles, 07/03/2003 (Agence Europe) - Dans une situation économique, caractérisée par une croissance molle et des tensions géopolitiques grandissantes, les ministres de l'Economie et des Finances des Etats membres de la zone euro ont salué, jeudi soir, la baisse des taux d'intérêt décidée jeudi par la Banque centrale européenne et ont semblé prêts à réagir de manière coordonnée à une éventuelle envolée significative des prix du pétrole (voir EUROPE d'hier, p.9). Sous la présidence du ministre grec des Finances, Nikos Christodoulakis, l'Eurogroupe a eu aussi un long débat sur l'évolution préoccupante de la situation budgétaire en France (voir autre nouvelle) et a discuté de la préparation des grandes orientations des politiques économiques (GOPE) 2003 et de la participation des nouveaux Etats membres à la monnaie unique.

L'Eurogroupe se félicite de la décision prise jeudi par la BCE. "Il s'agit d'un pas qui pourrait fournir un stimulant supplémentaire pour une reprise dans la zone euro", a dit à la presse M. Christodoulakis, qui, en répondant à des questions des journalistes, a précisé qu'il s'agissait seulement d'un pas dans la bonne direction, et pas d'un véritable bond en avant. Il a ainsi décrit le contexte général, montrant à quel point la décision de la BCE était attendue: "étant donné la situation aux Etats-Unis, où les incertitudes pèsent lourdement sur la croissance, et au Japon, qui connaît encore des difficultés, l'impulsion donnée à la croissance ne pourra pas venir de l'extérieur. Les menaces d'une guerre s'ajoutent à un environnement économique délicat, déjà alourdi par les incertitudes autour de la croissance et les évolutions du marché du travail qui ont sapé la confiance des consommateurs". Et il a ajouté: "l'appréciation récente de l'euro, surtout dans un climat d'inquiétude internationale, témoigne de la reconnaissance des fondamentaux de l'économie de la zone euro et de la solidité de nos politiques macro-économiques" (…). Des taux d'intérêt plus bas aideront à stimuler la croissance sans compromettre notre position à moyen terme ».

A propos de la situation économique dans la zone euro, M. Christodoulakis a indiqué qu'il s'agissait "de la troisième réunion consécutive où nous devons affronter une conjoncture négative caractérisée par une croissance lente et une situation géopolitique qui entrave les efforts pour accélérer la reprise. Il existe des indications montrant que la reprise (…) pourrait commencer vers la fin du prochain semestre". "Il est clair que la croissance doit rester notre objectif premier", a-t-il souligné. Le Commissaire Pedro Solbes a reconnu que la situation économique générale « ne s'est pas améliorée et que les tensions géopolitiques pèsent sur les perspectives mondiales ». Dans l'avenir immédiat, "il est difficile de voir comment la croissance pourrait s'accélérer avant la fin des tensions géopolitiques", a-t-il concédé. Après avoir rappelé les dernières estimations d'Eurostat (croissance de +0,2% du PIB durant le dernier trimestre de 2002) et de ses services (entre -0,1% et +0,3% pour le premier trimestre 2003; entre 0,2% et 0,5% pour le trimestre suivant), M. Solbes a reconnu que la prévision d'automne de la Commission (croissance de 1,8% pour 2003) "n'est plus réaliste". Les économistes tablent sur une accélération visible de la croissance durant la deuxième partie de l'année et sur un taux de croissance de 1,3% sur l'ensemble de l'année, a-t-il constaté. La remontée de l'euro par rapport au dollar "a été plus rapide que prévu et pourrait affecter la croissance des exportations. Toutefois, ce renforcement est bien accueilli et ne pose pas encore un problème de compétitivité, a noté M. Solbes.

Quant aux conséquences éventuelles d'une guerre en Irak, M. Christodoulakis a déclaré que l'Eurogroupe avait "discuté de la possibilité de coordonner notre réaction dans la perspective de la possibilité de hausses des prix du pétrole dans l'avenir immédiat", sans préciser toutefois le type de mesures envisagées. Selon certaines sources, les ministres ne seraient pas parvenus à ce stade à un accord sur la stratégie à suivre. La France aurait évoqué la possibilité de réduire les accises sur l'essence, tandis que leur document technique sur les conséquences d'une éventuelle guerre en Irak, les services de M. Solbes recommandent notamment: - des actions coordonnées des autorités monétaires des principales régions du monde; - l'utilisation des systèmes existants de coopération internationale pour la gestion du pétrole et de l'énergie, y compris dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie (à Paris); - le déclenchement des réserves stratégiques de pétrole. M. Solbes a rappelé que, selon la Commission, une guerre en Irak pouvait entrer dans la catégorie des "circonstances exceptionnelles" prévues dans le Pacte de stabilité et de croissance pour en faire une lecture plus accommodante. Mais il a prévenu que même en cas de récession, il n'était pas question d'autoriser sans réagir un dépassement du plafond d'un déficit budgétaire de 3% du PIB.

L'Eurogroupe a aussi discuté des sujets suivants:

Préparation des GOPE pour 2003: en examinant la stabilité des politiques budgétaires, "nous sommes tombés d'accord sur la nécessité d'évoquer d'autres conditions pour assurer la croissance, y compris la promotion des réformes structurelles", a déclaré M. Christodoulakis. Ainsi, en vue de la préparation des grandes orientations des politiques économiques pour 2003, "nous avons discuté, avec un haut degré de consensus, du document sur les principales questions à traiter ("Key Issues Paper") et nous sommes convenus que ce document constituera l'instrument principal de coordination de nos politiques budgétaires", a-t-il assuré. Les GOPE de cette année porteront surtout sur la contribution que les politiques économiques peuvent apporter à une croissance plus forte et durable pendant les trois prochaines années, a indiqué M. Solbes, en notant que dans ce contexte économique plus faible, "il est important de renforcer les liens entre des politiques macro-économiques solides et les politiques structurelles, afin de renforcer la contribution de toutes les politiques à une croissance durable".

Adhésion des nouveaux Etats membres à l'euro: pour M. Solbes, le taux de change (y compris la participation au système de taux de change II) ne doit pas être examiné de manière isolée, mais dans le contexte des politiques économiques des futurs Etats membres, des politiques qui doivent tendre vers l'amélioration de la convergence nominale et réelle. Il faudra donc, pour chaque nouvel Etat membre une analyse attentive permettant de vérifier si une participation précoce au mécanisme de change II sera la "meilleure voie à suivre et, si oui, il faudra déterminer quelle sera, pour ces pays, la meilleure fourchette par rapport au taux pivot". C'est là "un défi majeur non seulement pour les pays candidats, mais pour les membres de la zone euro", a estimé le président de l'Eurogroupe, qui a annoncé qu'une discussion en profondeur à ce sujet était à l'ordre du jour de la réunion informelle du Conseil Ecofin (du 4 au 6 avril en Crète).

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