Bruxelles, 07/03/2003 (Agence Europe) - Il semble extrêmement peu probable qu'un accord puisse être trouvé le 10 mars à La Haye sur la proposition du Secrétaire général des Nations Unies d'organiser le 30 mars un référendum dans les deux parties de Chypre sur le plan de réunification qu'il a proposé. Alors que les leaders Chypriotes grecs et turcs se rendront à La Haye pour donner leur réponse, le leader des Chypriotes turcs, Rauf Denktash, a déclaré jeudi soir après une rencontre avec les autorités turques que le plan est inacceptable en l'état. Il a été appuyé par un rassemblement de quelque 35.000 personnes, répondant à plusieurs manifestations organisées ces dernières semaines par les partisans d'un accord. "Le plan de l'ONU est mort sur cette place. Le référendum, c'est ça", a déclaré le premier ministre Dervis Eroglu en commentant cette manifestation contre le plan, selon des propos rapportés par Reuters. Dans une conférence de presse à Ankara, Rauf Denkatsh a désigné l'UE comme responsable du blocage. Puisque l'UE a promis l'adhésion même sans réunification, "les Chypriotes grecs ne voient désormais aucun intérêt à arriver à un accord", a-t-il déclaré. En retour, le Premier ministre grec Costas Simitis assure que l'attitude de M.Denktash "met à mal le processus d'adhésion de la Turquie".
La Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni, garants de l'indépendance de Chypre selon le Traité de 1960, ont été invités à participer à la rencontre de lundi prochain. Le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandreou a indiqué qu'il serait présent. Chypre est divisée depuis 1974 suite à l'invasion du nord de l'île par l'armée turque en réponse à un coup d'Etat organisé par des Chypriotes grecs pour rattacher l'île à la Grèce. Le plan proposé et révisé deux fois par Kofi Annan vise à créer un Etat central composé de deux Etats constituants disposant des mêmes droits, avec des compétences limitées pour l'Etat central.