Strasbourg, 17/02/2003 (Agence Europe) - En adoptant jeudi dernier, à l'issue de son débat d'actualité à Strasbourg, une résolution sur le Zimbabwe, le Parlement européen condamne le manque de cohérence de la politique de l'UE (voir à ce sujet EUROPE du 14 février, p.14). Dans cette résolution, adoptée par 82 voix, contre 23 et 2 abstentions, le Parlement demande la reconduction des sanctions actuelles (qui expirent en principe le 18 février mais doivent être reconduites pour un an) et souhaite leur extension aux hommes d'affaires qui assurent le financement du régime du ZANU-PF. Il préconise aussi la mise en œuvre de mesures supplémentaires, notamment la suppression du droit de résider en Europe pour les personnes frappées par les sanctions de l'UE et l'interdiction pour les membres de leur famille d'accéder aux emplois et aux établissements d'enseignement dans l'UE. Et il se prononce pour des sanctions plus étendues, en particulier dans les sports internationaux et sous la forme d'un boycott des manifestations culturelles, à l'exclusion des sanctions qui accroîtraient les souffrances de la population.
Le Parlement critique l'invitation adressée à Mugabe de participer au Sommet franco-africain des 20 et 21 février, et insiste sur le refus de visa à Mugabe et à tous les autres Zimbabwéens frappés par l'interdiction, à l'occasion du Sommet UE-Afrique de Lisbonne (prévu le 5 avril, il sera sans doute reporté). Le PE déplore que les problèmes causés par le régime ruinent une nouvelle fois une occasion de dialogue entre l'UE et l'Afrique. Le Parlement demande aux présidents sud-africain Mbeki et angolais Dos Santos d'exercer des pressions sur le régime Mugabe et d'exiger l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle sous contrôle international, et prie le Commonwealth de reconduire la suspension de ses relations avec le Zimbabwe. Il récuse enfin l'idée selon laquelle le remplacement du président Mugabe par Emmerson Mnangagwa résoudrait les problèmes du Zimbabwe, "étant donné que ce dernier porte incontestablement une responsabilité dans l'état de l'économie du pays et sa gestion, de même qu'il est impliqué dans les actes de violence politique et le trucage des élections".