Bruxelles, 23/01/2003 (Agence Europe) - Réagissant à un article du Handelsblatt, Tilman Lüder, le porte-parole du Commissaire à la concurrence, a démenti que Mario Monti "détestait" l'industrie de la construction navale. Au contraire, le mécanisme de défense temporaire adopté par l'UE pour contrebalancer l'impact des pratiques déloyales des chantiers navals sud-coréens est le résultat d'une proposition de Mario Monti, a-t-il rappelé, en notant avec quelque ironie qu'il serait étonnant que le Commissaire ait pris l'initiative en faveur d'un secteur qu'il détesterait. M. Lüder a par ailleurs indiqué que M. Monti était préoccupé par les distorsions de concurrence qu'entraînent dans le secteur de la construction navale de l'UE les garanties d'Etat accordées par certains Etats membres et pas par d'autres, et qui permettent à ceux qui en bénéficient d'obtenir des conditions de financement plus favorables. Il a rappelé que la Commission négocie depuis deux ans avec les autorités allemandes sur ces garanties, précisant qu'elle ne serait pas hostile à un compromis dans ce dossier. La Commission envisagerait à ce titre le versement d'une prime variable, dont le montant serait déterminé en fonction du risque pris par l'armateur ou l'entité commercialisant le navire (le risque est déterminé par la nature du navire ; un navire "high tech" présente, par exemple, un risque commercial faible du fait de l'importance de la demande sur le marché). M. Lüder a également précisé qu'étant donné la longueur des négociations avec l'Allemagne, la Commission pourrait être amenée, "pour des raisons juridiques", à ouvrir une procédure d'infraction (elle continuerait, parallèlement à cette procédure, à rechercher un compromis avec l'Allemagne).