login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8382
Sommaire Publication complète Par article 38 / 40
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/presidence grecque

George Pagoulatos, dans une étude pour Notre Europe, souligne que la Présidence grecque sera appelée à faire face à des événements"extraordinaires"- Evolution de l'attitude grecque envers l'Europe

Bruxelles, 20/01/2003 (Agence Europe) - La Présidence grecque du Conseil de l'UE, pendant le semestre en cours, devra gérer non seulement l'ordre du jour "ordinaire" de l'Union, mais devra sans doute faire face à des événements "extraordinaires", comme "l'éventuelle campagne militaire que les Etats-Unis pourraient mener contre l'Irak (avec toutes ses implications complexes d'ordre militaire, économique et humanitaire, voire environnemental)", constate George Pagoulatos, Professeur à l'Université d'Economie et de Commerce d'Athènes, dans l'Etude N.21 de Notre Europe (le Groupement d'Etudes et de Recherches présidé par Jacques Delors), intitulée "La Grèce, l'Union européenne et la présidence 2003". L'histoire de l'intégration de la Grèce à l'Union européenne est une histoire "mouvementée", constate Jacques Delors dans l'avant-propos, en rappelant que l'entrée dans la Communauté européenne, le 1er janvier 1981, avait été suivie en octobre de la même année par la victoire du PASOK qui s'était opposé à cette adhésion, et ensuite, au début des années 1990, par l'ouverture d'une période qui "de façon spectaculaire, a conduit la Grèce au centre de l'Europe politique". En soulignant "la part immense" qu'a prise le Premier ministre Simitis dans des succès comme l'intégration à l'UEM et au marché unique, Jacques Delors relève le rôle que la Présidence grecque devra jouer "dans la très délicate séquence qui s'ouvre", marquée par la "réunification du continent" et la nécessité de donner à l'Union "les institutions dont elle aura besoin pour réussir cette réunification"

La Présidence grecque intervient à un moment où les relations avec l'UE "ont atteint une grande maturité", remarque Georges Pagoulatos, alors que, pendant les années 80, elle avait été qualifiée de "pays de la note en bas de page", les "footnotes" qui émaillaient les communiqués du Conseil desquels elle avait tendance à se démarquer. La Grèce était alors "l'exception au sein de la CE, à un degré uniquement comparable avec le Royaume-Uni thatchériste" et était, "de l'avis général, le maillon faible" de la Communauté, dont certains experts sont même allés jusqu'à envisager qu'elle puisse être "le premier pays à être exclu de l'Union", écrit l'auteur. Cependant, à partir des années 90, lorsque la "politique d'ajustement macroéconomique inaugurée en 1990 par le gouvernement Nouvelle démocratie de Constantin Mitsotakis a été relancée avec une nouvelle vigueur par les gouvernements PASOK" (d'Andreas Papandreou en 1993, et Costas Simitis en 1996), "l'une des réussites les plus importantes mais les moins visibles de la Grèce a probablement été de regagner la confiance de l'UE". Aujourd'hui, la preuve de cette transformation est que "les électeurs du PASOK semblent plus favorables à l'intégration européenne que ceux de la ND (Nea Demokratia), qui se montrent relativement plus nationalistes et sceptiques à l'égard de certains effets de cette intégration", ajoute M. Pagoulatos, tout en reconnaissant que "les dirigeants de la ND demeurent incontestablement plus pro-européens que jamais".

Quant à la Présidence grecque, elle coïncide, selon l'auteur, "avec une période d'optimisme historique à l'égard du potentiel de l'UE, un optimisme stimulé par l'introduction de la monnaie unique et par l'imminence de l'élargissement", mais tempéré par un contexte international économique et politique inquiétant. La Présidence grecque, dans cette conjoncture économique incertaine, va promouvoir la "coordination des politiques économiques, en particulier dans le domaine des finances publiques", prévoit M. Pagoulatos, qui souligne que la présidence entend en particulier "formuler une série d'objectifs spécifiques ambitieux mais réalistes en vue de stimuler le processus de Lisbonne", et promouvoir en même temps la modernisation du modèle social européen, en se concentrant sur "la synchronisation des instruments de politique économique et sociale", pour améliorer leur coordination. L'accélération de la réforme des régimes de retraite et l'amélioration de la transférabilité des droits de sécurité sociale seront deux objectifs très importants pour la présidence, ajoute-t-il. Et il met l'accent sur une autre priorité, l'immigration, en citant le ministre adjoint des Affaires étrangères Tassos Yiannitsis, qui a souligné la nécessité de tenir compte des craintes que ce phénomène suscite dans la société européenne, et du fait que les attitudes de l'opinion publique à cet égard évoluent "à un rythme très lent". Dans ce contexte, l'auteur note aussi que, pour le gouvernement grec, "le partage de la charge liée à la protection des frontières est un problème collectif crucial de l'UE". Et il rappelle, en affirmant que la Présidence grecque devra se tenir à ce principe également en ce qui concerne l'Irak, que, en ce qui concerne les "grandes crises internationales, la politique de la Grèce a toujours été de rechercher la légitimité que confère l'approbation des Nations unies ayant de lancer toute campagne militaire internationale".

(NOTRE EUROPE: 41, boulevard des Capucines. F-75002 Paris. Tél.: 44 58 97 97. E-mailnotreurope@notre-europe.asso.fr Internet http: //http://www.notre-europe.asso.fr ).

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE