Bruxelles, 09/01/2003 (Agence Europe) - "Il est important que les Européens sachent qu'il ne peut y avoir de progrès réels sur Doha s'il n'y a pas de progrès réels et satisfaisants dans les négociations internationales sur l'agriculture", a averti le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, en visite à Bruxelles jeudi. "Les Européens veulent que le cycle de Doha se termine fin 2005, mais pour plusieurs membres de l'OMC, c'est impensable sans progrès réels et substantiels dans l'agriculture", a précisé le ministre, en citant son propre pays, l'ensemble des pays du sud et les Etats-Unis, ce qui "fait beaucoup de monde". "Je sais que c'est une pression sur les Européens, mais (...) les subventions à l'exportation sont des distorsions immédiates", a-t-il ajouté.
Le ministre canadien, qui s'exprimait devant quelques journalistes à l'occasion d'une visite en Belgique consacrée avant tout à des entretiens de nature commerciale à Anvers, n'a pas rencontré de membres de la Commission européenne. Il n'en a pas moins réitéré l'engagement de son pays de conclure avec l'UE un accord bilatéral visant à renforcer le commerce et l'investissement. A l'occasion du Sommet UE-Canada du 19 décembre, Européens et Canadiens étaient convenus de négocier un tel accord, destiné à pallier les obstacles non-tarifaires. "Le problème n'est pas tant l'existence de barrières tarifaires, qui sont très faibles, mais des barrières non-tarifaires, réglementaires", a expliqué M. Pettigrew. Il s'agit, par exemple, de la reconnaissance des tests cliniques ou de sécurité alimentaire, ou encore de la qualification professionnelle. Le ministre canadien a insisté sur le fait qu'un tel "accord original du XXIème siècle", conclu entre les deux partenaires européens et canadien, bénéficierait par ricochet au reste de la communauté internationale. Les deux parties ont pris rendez-vous pour décembre 2003 afin de fixer le cadre et le contenu des négociations, qui pourront alors commencer.
A propos de l'accès des pays les plus pauvres aux médicaments, thème évoqué le même jour, devant la presse par Pascal Lamy (voir p.7), Pierre Pettigrew a regretté que la communauté internationale n'ait "malheureusement pas réussi" à tenir l'engagement fixé à Doha de trouver une solution avant le 31 décembre 2002. Il "faut trouver une solution, tout en respectant les règles de la propriété intellectuelle", a-t-il souligné.