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Bulletin Quotidien Europe N° 8375
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

La BCE maintient ses taux inchangés - Pour Wim Duisenberg, l'incertitude qui domine chez les consommateurs et les investisseurs demeure la préoccupation principale - Nouvel appel à la rigueur salariale - M.Duisenberg a écrit a M.Solana de lancer le processus de sa succession à la BCE

Francfort, 09/01/2003 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne, lors de la première réunion de son Conseil des gouverneurs de 2003, le 9 janvier à Francfort en présence du Président du Conseil Ecofin Nicos Christodoulakis et du Commissaire européen Pedro Solbes, a maintenu inchangés ses taux directeurs: taux de facilité de dépôt à 1,75% (comme depuis la baisse de 0,5% décidée le 5 décembre dernier: voir EUROPE du 6 décembre, p.9), taux de soumission minimal appliqué aux principales opérations de refinancement à 2,75% et taux de la facilité de prêt marginal à 3,75%.

Nous considérons que, depuis notre décision du 5 décembre de réduire nos taux d'intérêt clé, les perspectives de la stabilité des prix à moyen terme dans la zone euro n'ont pas changé, a dit le président de la BCE Wim Duisenberg jeudi dans sa conférence de presse. Et, tout en estimant que les incertitudes concernant le prix du pétrole rendent difficile toute anticipation à court terme, il a indiqué que le taux d'inflation va probablement se stabiliser en 2003 à un niveau au-dessous de 2%. A la condition, a-t-il tenu à préciser, que la croissance des salaires soit modérée: la modération salariale est cruciale pour la stabilité des prix et pour l'amélioration des perspectives économiques et de l'emploi, a-t-il martelé. Or, a-t-il regretté, malgré l'affaiblissement de l'activité économique, l'augmentation des salaires s'est poursuive jusqu'au début de 2002, et "il n'est pas encore clair si cette tendance s'arrêtera".

Quant aux perspectives de croissance dans la zone euro, "le scénario" plus probable demeure celui d'une augmentation progressive des taux de croissance du PIB à des niveaux proches du potentiel de croissance, plus tard dans l'année, a indiqué M. Duisenberg, tout en avertissant: ""pourvu que les éléments qui contribuent actuellement au climat général d'incertitude disparaissent graduellement". Or, doit-il admettre, les investisseurs continuent de ressentir un "haut degré d'incertitude", et il y a encore "des risques liés à l'ajustement désordonné de l'accumulation des déséquilibres macoréconomiques du passé, surtout en dehors de la zone euro", sans compter l'impact des "tensions géopolitiques" actuelles. "J'aurais espéré que ce climat s'estompe", mais l'incertitude qui "imprègne les pensées des consommateurs et des investisseurs" demeure ma "préoccupation principale", a reconnu M. Duisenberg. Et il a répété qu'une importante contribution à la croissance dans la zone euro devrait venir aussi des politiques budgétaires et structurelles. Les gouvernements, a-t-il dit, devraient mettre l'accent sur des "politiques de consolidation orientée vers la croissance et renforçant les forces productives de l'économie". Etes-vous "frustré" par la lenteur des réformes? "Pas frustré, mais déçu", a admis le président de la BCE.

La Commission européenne ne finira-t-elle pas par être "clémente" avec l'Allemagne, malgré son avertissement de mercredi? Je ne qualifierais pas de "clément" le comportement de la Commission , qui a lancé , "à juste titre" la procédure pour déficit excessif, procédure que le gouvernement allemand a, "à juste titre", accepté. C'est la Commission qui est la "gardienne" du Pacte de stabilité et de croissance, et la BCE ne joue aucun rôle, a rappelé M. Duisenberg.

Par ailleurs, M. Duisenberg a répondu notamment à des questions sur:

- son départ anticipé, annoncé pour le 9 juillet prochain. Aujourd'hui, a-t-il signalé, j'ai écrit au Secrétaire général du Conseil Javier Solana pour lui demander de "déclencher le processus de désignation des successeurs pour moi-même et Mme Hämäläinen" (la Finlandaise responsable, au Directoire de la BCE pour la gestion des risques, les opérations et les systèmes de paiement: NDLR). C'était une pure formalité, a-t-il précisé, et dans ma lettre j'ai répété ce que j'avais dit l'année dernière à M. Aznar, alors président du Conseil européen, à savoir que: je demande de partir le 9 juillet 2003, "ou aussi longtemps que les chefs d'Etat et de gouvernement le considèrent dans l'intérêt d'une transition ordonnée". Evidemment, je ne répondrai pas, a lancé M. Duisenberg à un journaliste qui voulait savoir si, au cas où M. Trichet ne pourrait pas lui succéder (à cause du procès en cours en France), il serait favorable à une autre candidature française.

- la part de l'euro dans les réserves mondiales: fin 2001, elle était de 13% du total (comme, jusque là, l'ensemble des monnaies disparues avec l'euro: DM, franc, lire, pesète....), mais on a l'impression que ce pourcentage ait augmenté en 2002, a remarqué M. Duisenberg (les données pour fin 2002 ne sont pas encore disponibles). De toute façon, il s'agira d'un processus très lent, a-t-il ajouté. Et, interrogé sur la "stratégie" de la BCE à ce sujet, il a avoué: "nous sommes plus ou moins indifférents", notre objectif n'est pas d'avoir davantage d'euros dans les réserves officielles mondiales. Lorsque vous étiez gouverneur de la banque des Pays-Bas, vous vouliez toujours maintenir des réserves 50/50 dollar/DM, comment investissez-vous vos propres réserves aujourd'hui ? "Personnellement, je suis dans l'heureuse condition de ne pas avoir de réserves", a plaisanté M. Duisenberg.

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