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Bulletin Quotidien Europe N° 8375
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/environnement

Une délégation d'eurodéputés verts, de retour de Galice, se mobilise pour obtenir, la semaine prochaine à Strasbourg, le feu vert à la mise en place d'une commission d'enquête sur le désastre du Prestige

Bruxelles, 09/01/2003 (Agence Europe) - De retour d'une mission de trois jours en Galice, une délégation de parlementaires européens du groupe des Verts/ALE, qui a pris la mesure de la catastrophe écologique et humaine causée par la pollution du pétrolier « Prestige », est déterminée à obtenir la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette marée noire. Pour se faire une idée précise de la situation, Jan Dhaene (Belgique, Agalev), Marie-Anne Isler Béguin (France) et Inger Schörling (Suède) ont rencontré les autorités galiciennes, des pêcheurs, des volontaires engagés dans le nettoyage des plages, des élus, de représentants des milieux économiques ainsi que des représentants de l'ONG environnementale "Plataforma Nunca Mais". La commission d'enquête qu'ils appellent de leurs voeux sera réclamée la semaine prochaine aux présidents des groupes politiques, sur la base d'une pétition que ces députés font circuler pour recueillir le maximum de signatures (157 sont requises), principalement parmi les Verts/ALE et les socialistes européens.

Au cours d'une conférence de presse donnée jeudi au Parlement européen, Mme Isler Béguin a fait état "d'une énorme demande d'explication des populations" pour répondre à leurs multiples questions, parmi lesquelles notamment: qu'a-t-on fait au niveau européen après le naufrage de l'Erika ? Pourquoi aucune leçon n'a-t-elle été tirée de cette tragédie ? Pourquoi le « Prestige » s'est-il trouvé en haute mer ? Pourquoi a-t-il été impossible de le remorquer vers la côte pour circonscrire le désastre qui souille des centaines de kilomètres, depuis la Galice jusqu'en France ?

« Trois ans après l'Erika, rien n'a été mis en place dans les mesures pourtant proposées par les Verts comme éléments de réponse », s'est exclamée Mme Isler Béguin. Réitérant ces propositions, elle a précisé: "Outre une commission d'enquête pour comprendre, nous voulons la mise en place d'un corps de "casques verts" pour l'organisation des bénévoles". Elle s'est par ailleurs indignée de la pollution de zones de protection spéciales du réseau Natura 2000, couvertes par la directive "Habitats", qu'il s'agisse de pollution directe par le fioul, ou indirecte par la construction de routes et chemins pour restaurer les plages souillées. « Nous exigerons des réponses de la Commission européenne à ce sujet », a-t-elle affirmé.

Eu égard au désespoir des gens en Galice, alimenté par l'absence de responsabilité politique de quiconque dans ce désastre, M. Dhaene a jugé urgente la mise sur pied d'une commission d'investigation au niveau européen. Insistant sur la nécessité de trouver les moyens, à l'avenir, de prévenir de telles marées noires, il a plaidé pour des bateaux garde-côtes européens en haute mer, et pour une action de l'Agence européenne pour la sécurité maritime. Dans un courrier adressé le jour même à l'Agence, Jan Dhaene plaide pour la mise en place, au niveau européen, d'un nouveau système de sanctions pour les capitaines de navire coupables d'avoir commis une faute professionnelle grave et d'avoir ignoré les signaux d'avertissement. Il souligne que l'Agence devrait, à court terme, agir dans ce sens et traîner devant les tribunaux les capitaines de navire imprudents, et à plus long terme travailler sur un système précis de responsabilité dans la navigation maritime, en particulier en cas de transports de fiouls dangereux. Egalement préoccupé par la formation du personnel navigant, l'eurodéputé demande à l'Agence européenne pour la sécurité maritime si elle pourrait aussi élaborer un système de formation et de brevet pour les capitaines de navire, afin de les distinguer par un diplôme européen de navigation.

Inger Schörling, quant à elle, a évoqué "la colère des ONG, des pêcheurs et des maires rencontrés pour les dommages subis par l'environnement, la population et l'économie, et pour "la désinformation pratiquée par le gouvernement central". Selon elle, la commission d'enquête est le seul moyen de savoir ce qui s'est passé exactement. " Il faut interdire purement et simplement les simples coques", a-t-elle ajouté.

Carlos Bautista a dénoncé devant la presse aussi bien l'attitude du gouvernement espagnol, qui a "nié la réalité", que celle des députés socialistes espagnols au PE qui, selon lui, "se sont entendus avec le Parti populaire européen pour avoir un débat de profil bas, lors de la session plénière de décembre, afin de ne pas approfondir les causes du problème". L'absence des socialistes espagnols lors du vote de la résolution à ce sujet, a-t-il dit, a provoqué le rejet à six voix près d'un amendement des Verts qui demandait une commission d'enquête (voir EUROPE du 20 décembre, p.13).

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