09/01/2003 (Agence Europe) - William Abitbol, membre français du groupe Europe des démocraties et des différences de la Convention européenne, juge l'évolution des débats à la Convention "encore plus dangereuse pour la souveraineté populaire que les abus de pouvoir de Bruxelles". Dans le numéro de sa feuille "Convention-France" de décembre 2002, le souverainiste français s'indigne du "passage généralisé à la majorité qualifiée", en martelant: "L'unanimité est à la souveraineté nationale ce que la dissuasion est à l'arme nucléaire: son principe cardinal". Ce qui ne l'empêche pas d'ironiser sur une Convention qui, dit-il, à la fois "s'amuse" et "piétine", avec des groupes de travail qui rendent des "conclusions mi-chèvre, mi-chou" et "les velléités fédéralistes" qui "se heurtent à la réalité politique d'une Europe de plus en plus intergouvernementale". Selon M. Abitbol, le "flop de la proposition Prodi, "stupidement" baptisée "Pénélope", est là pour attester de la désaffection croissante dont la Commission de Bruxelles est l'objet. A la Convention, la salle est fédéraliste, mais les couloirs sont gouvernementaux". Quant à l'élargissement, M. Abitbol lance, sur les mêmes pages: "Les générations à venir se demanderont quels sont les étranges dirigeants qui, quelques jours avant Noël 2002, ont décidé que la Turquie était en Europe et que la Russie n'y était pas. Ankara, oui. Saint Pétersbourg, non".