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Bulletin Quotidien Europe N° 8359
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/sommet de copenhague/commission

M. Prodi exhorte pays membres et candidats à faire preuve de courage pour ne pas rater le rendez-vous de l'élargissement - La Turquie sera traitée comme tous les autres candidats - "Prestige": de la flexibilité et de la rapidité pour aider l'Espagne

Bruxelles, 11/12/2002 (Agence Europe) - Beaucoup de problèmes "techniques" sont encore ouverts avant de pouvoir conclure les négociations d'adhésion, mais "je ne suis pas angoissé", car même dans cette phase si "fébrile" il ne faut pas perdre le sens des perspectives: mon message est que l'objectif de l'élargissement est trop important pour être compromis "à la dernière minute par des positions inflexibles ou des intérêts très particuliers". C'est ce qu'a dit Romano Prodi à la presse mercredi à Bruxelles, à la veille du Conseil européen de Copenhague. Ce grand élargissement marquera-t-il la fin d'un certain modèle d'intégration européenne? "Non, j'en suis profondément convaincu, à condition que la Convention nous donne des règles opérationnelles adaptées à une Europe à 25", a répliqué M. Prodi à cette question, en ajoutant: si on maintient l'unanimité à 25, "je vois les choses en noir", mais j'ai l'impression que l'on va vers une abolition de l'unanimité "dans presque tous les domaines". Selon lui, dans ces conditions, "le nombre n'est pas un obstacle, mais peut être une occasion dialectique faisant des 25 le lieu où le progrès européen peut être accéléré". M. Prodi a répondu dans le même ton à une question sur une analyse du Herald Tribune selon laquelle le principal bénéficiaire de l'élargissement de l'UE, ce seraient finalement les Etats-Unis. L'article est "très intelligent" et informé, mais il est "statique", alors que l'élargissement est un processus "dynamique", a estimé M. Prodi, en s'exclamant: une vision des "pays baltes comme tête de pont des Américains ne correspond pas à une future Union qui liera des citoyens entre eux" et qui ne sera pas quelque chose de "figé".

Le paquet financier offert par la Présidence danoise aux pays candidats (voir plus haut) est "bon" et exprime notre "sérieuse solidarité" à leur égard, a réaffirmé le Président de la Commission européenne, tout en lançant une nouvelle "invitation à la générosité, à l'intelligence politique". "La Présidence danoise a énormément travaillé dans cette direction, en mobilisant une quantité de ressources très proche de celles de Berlin", a-t-il remarqué, tout en répétant que le plafond de Berlin est "absolument indépassable". Quant aux demandes que certains Etats membres (Autriche, Italie, Portugal) pourraient présenter à Copenhague, M. Prodi les juge "légitimes, certes, compréhensibles aussi", mais il avertit: l'esprit qui règne entre chefs d'Etat et de gouvernement est que l'élargissement doit réussir, car il est la "nouvelle grande frontière de l'Europe".

Concernant Chypre, M. Prodi a fait sien l'appel de Kofi Annan aux parties à "ne pas rater le rendez-vous de l'histoire" offert par le plan de l'ONU. Et il a rappelé: "nous sommes prêts à conclure avec Chypre même tel qu'il est, malgré notre préférence pour l'adhésion de Chypre réunifié".

Pour la Turquie, la présidence présentera à Copenhague une proposition de compromis sur la base des discussions des ministres mardi, a noté M. Prodi, en répétant: la Commission a apprécié les progrès faits par la Turquie, mais elle ne respecte pas encore les critères de Copenhague. Raison de plus pour "encourager le nouveau gouvernement" sur cette voie, a-t-il estimé, en ajoutant: ainsi, de futures négociations pourront commencer dans le respect des mêmes règles appliquées à tous les candidats. Et, interpellé sur les reproches de "hypocrisie" lancés contre l'UE par l'ambassadeur turc, il s'est insurgé: " ce n'est absolument pas vrai", les autres candidats ont commencé à négocier seulement lorsqu'ils ont rempli les critères de Copenhague, "point, c'est tout". Interrogé sur la question des dates, M. Prodi a répliqué: la Commission n'a "pas de stratégie de dates, nous avons une obligation d'analyse, nous nous arrêtons là". En répondant à d'autres questions, M. Prodi a constaté que toutes les propositions, y compris la franco-allemande, rappellent qu'il devra y avoir une évaluation de la situation de la Turquie, le moment venu, par la Commission: "Le jugement de la Commission est un point ferme", souligne-t-il.

Quant au naufrage du "Prestige", M. Prodi a indiqué que lui-même et le Commissaire Fischler bénéficieront d'une certaine "flexibilité" pour que l'Espagne puisse utiliser¸ pour faire face à cette situation qui est réellement "dramatique", des fonds comme ceux initialement prévus pour l'accord (de pêche) avec le Maroc. Pour aider non seulement les pêcheurs espagnols, mais aussi l'aquaculture et d'autres activités frappées par le désastre, il nous faudra modifier certains règlements, et nous nous apprêtons donc à une "activité urgente" avec le Conseil et le Parlement, a précisé M. Prodi.

En répondant à une autre question, M. Prodi a estimé que le problème de la durée du mandat de la Commission qu'il préside ne devrait pas être soulevé à Copenhague. C'est un problème "technique", a-t-il dit, dans le sens que ce qui est en jeu, ce n'est pas la vision de la future Commission, mais la coordination de plusieurs processus: entrée de dix nouveaux Etats membres (avec leurs Commissaires) le 1er mai 2004, élections du Parlement européen en juin 2004 (ou en mai, comme l'ont proposé certains), "début de la vie" de la prochaine Commission européenne. De toute façon, a-t-il remarqué, il s'agirait d'une différence de quelques mois seulement par rapport à la durée prévue de notre mandat.

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