Bruxelles, 09/12/2002 (Agence Europe) - En présentant les travaux du groupe qu'il préside sur la défense, le Commissaire Michel Barnier a cité les éléments de conclusions qui seront discutés de manière approfondie le 20 décembre lors de la dernière réunion de son groupe de travail: - l'importance de la planification et du commandement dans le cadre de la gestion des crises; - l'adaptation du cadre institutionnel; - la réponse aux nouvelles menaces (il a noté qu'une partie des membres propose l'introduction d'une clause de défense collective dans le traité mais que cette question ne fait pas l'objet d'un consensus, et que "nous savons que les Etats membres n'ont pas tous la volonté ou la capacité de prendre des engagements en ce domaine"); - l'actualisation des missions de Petersberg; - la mise en place d'un mécanisme permettant de respecter les engagements souscrits en matière de capacités; - l'opportunité de créer une agence responsable des armements et des capacités, chargée en particulier de répondre aux besoins européens de recherche ou d'armement (voir "Au-delà de l'Information" du 30 novembre).
Le vice-président Jean-Luc Dehaene, qui présentait les travaux du groupe qu'il préside sur la politique extérieure, a dit que les travaux ont "fort bien progressé" (voir le résumé du rapport provisoire dans EUROPE du 6 décembre, p. 6). Constatant qu'il existe un consensus pour une action collective plus efficace, il a souligné que celle-ci exige aussi une véritable volonté politique. Selon lui, il faudra mieux définir les principes et les objectifs d'une politique qui pourrait reposer sur la définition d'une stratégie par le Conseil européen et qui serait mise en œuvre par un Conseil relations extérieures réellement distinct du Conseil Affaires générales. Il a expliqué qu'une majorité pourrait se prononcer pour une fusion du Haut Représentant et du Commissaire aux relations extérieures en maintenant des fonctions séparées. Le rapport final devrait être adopté le 16 décembre.
Parmi les réactions des conventionnels (il n'y a pas eu de débat à ce stade), on retiendra celle du ministre britannique Peter Hain qui s'est opposé à la communautarisation de la PESC. "Beaucoup de gouvernements sont d'accord avec moi", a-t-il estimé, avant de dire qu'il ne voyait pas comment un système à double casquette pourrait fonctionner. Le représentant du gouvernement espagnol Alfonso Dastis a aussi exprimé des doutes à ce sujet. Sur la défense, M. Hain a évoqué un risque de double emploi avec l'OTAN. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, s'est prononcé pour une politique extérieure ambitieuse et il a dit que son pays est favorable à un ministre des Affaires étrangères de l'UE au sein du Conseil et regroupant les compétences actuelles du Haut Représentant et du Commissaire. Sur la défense, il constate "une solidarité de destin" qu'il faut, selon lui, inscrire dans le traité.