Bruxelles, 21/10/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire européen aux affaires institutionnelles, Michel Barnier, est intervenu dans le débat sur la répartition des pouvoirs dans l'UE, à l'occasion d'une interview publiée le 21 octobre dans Le Figaro. Face à la suggestion sur un "directoire à quatre ou cinq" dans l'Union, M.Barnier s'insurge: "L'idée même de directoire est fondamentalement contraire au projet européen tel qu'il a été conçu depuis Monnet. Initialement, il y a eu trois audaces institutionnelles (....) l'équilibre entre les grands et petits Etats (...), le partage des pouvoirs" entre Commission, Conseil et Parlement. Et aussi « une troisième audace, qu'il faut absolument préserver (...) cette Commission » car « dans une Union de vingt-sept pays, ce serait une faute que d'affaiblir ce lieu de cohérence et d'unité ».Quant à la possibilité de réduire le nombre de Commissaires à six (chargés de la concurrence, la politique commerciale, la justice, l'intérieur, la politique régionale et l'harmonisation fiscale), Michel Barnier réplique: "C'est une réduction impossible, parce que tous les Etats membres (...) doivent se retrouver d'une manière ou d'une autre dans la Commission.(...). Je ne suis pas d'accord avec votre nombre de six: vous oubliez beaucoup de tâches importantes: l'environnement, la politique extérieure...". Interrogé sur l'idée d'un président du Conseil européen élu pour quatre ans, M.Barnier, tout en reconnaissant que le Conseil " a besoin de davantage de permanence", a une crainte: "Cette nouvelle « structure présidentielle » au sein du Conseil aggraverait certainement la rivalité Conseil-Commission". Et il demande: "Alors, quel capitaine? Partons de ce qui existe. Nous avons un Haut représentant (...) et un Commissaire chargé des relations extérieures (...). Fusionnons ces deux postes! Appelons-le le "secrétaire de l'Union européenne, comme aux Etats-Unis vous avez la fonction de secrétaire d'Etat. Donnons-lui le pouvoir d'initiative, ainsi que la double casquette" (voir EUROPE du 17 octobre, p.3 les critiques de Javier Solana contre une telle fusion). Selon M.Barnier, ce secrétaire de l'Union, dont le nom devrait être proposé par les chefs d'Etat, serait responsable devant le Conseil et devrait être investi personnellement par le Parlement européen".