Bruxelles, Dublin, 21/10/2002 (Agence Europe) - Le 19 octobre, 62,98% des Irlandais ont dit "oui" au Traité de Nice lors du deuxième référendum organisé après la victoire du "non" en juin 2001, alors que 37,11% a persisté dans le refus du Traité. La participation a été de 48,45%, par rapport à 34% en 2001.
Le Président du Conseil européen Anders Fogh Rasmussen a surtout estimé, dans un communiqué, que ce "oui" est un signal clair que "tous les pays de l'UE prennent l'élargissement au sérieux". Et il a martelé: "Le Traité de Nice est le Traité de l'élargissement de l'UE. Nous avons maintenant ouvert la voie afin que le Conseil européen de Copenhague achève les négociations d'adhésion (...). L'ambition de la Présidence danoise est de conclure les négociations d'adhésion avec dix pays (..).Mais la Présidence ne peut pas régler cette question toute seule. Nous devons tous faire un effort substantiel et être prêts au compromis (...). Le premier pas important vers cet objectif, c'est le Conseil européen des 24 et 25 octobre à Bruxelles. Si nous voulons respecter le calendrier, il est d'une importance décisive que nous prenions à Bruxelles les décisions nécessaires sur les offres des Etats membres de l'UE aux pays candidats" (au sujet du Conseil européen de Bruxelles, voir plus haut). Par ce vote, "nous sommes aux portes d'une nouvelle Europe", estime Javier Solana, Haut Représentant pour la PESC, qui ajoute: "La route qui nous a amenés ici n'a pas été facile. Elle a exigé une ferme conviction en faveur d'une Europe nouvelle, unie par des valeurs communes et des objectifs communs. Le résultat du référendum est une expression de cette conviction".
Le Président (irlandais) du Parlement européen Pat Cox a commenté: "Le vote exprimé par le peuple irlandais est un "oui" massif. Ce résultat démontre que le seul peuple de l'UE à avoir été consulté a, après une pause de réflexion, indiqué de la manière la plus claire que le rendez-vous de l'Europe avec l'histoire ne pouvait être davantage retardé (…). Tel est le message que je rapporterai de l'Irlande et du Parlement européen à la réunion du Conseil européen, à Bruxelles". Au PE, le Président du groupe du PPE-DE Hans-Gert Pöttering, qui a envoyé ses félicitations à Enda Kenny qui préside le Fine Gael, a estimé que ce résultat renforcera la confiance dans l'unification européenne et devrait inciter le Sommet de Bruxelles à régler les questions encore ouvertes concernant l'élargissement. Pour Enrique Baron, Président du groupe socialiste, "la décision de l'Irlande signifie que ses citoyens désirent accueillir les peuples des pays candidats dans l'Union. L'Irlande, qui a été un modèle d'intégration politique et de succès économique depuis son adhésion, constitue un bon exemple pour les futurs membres". Les coprésidents des Verts/ALE, Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit, tout en saluant ce oui à l'élargissement, précisent: "l'approbation irlandaise ne change rien au fait que le Traité de Nice est un mauvais traité (...). En conséquence, la Convention doit intensifier son travail pour rédiger une Constitution" qui compenserait ses faiblesses et ses lacunes. Une voix discordante a été celle de Jens-Peter Bonde, président du groupe EDD, qui souligne que le Traité a été "approuvé seulement par moins d'un tiers de la population du pays le plus positif à l'égard de l'UE", et que "l'élite des médias et des politiciens à Dublin a réussi à faire du référendum un "choix moral" pour et contre les pays candidats", alors que, selon lui, "si les Irlandais avaient voté non, la procédure (d'élargissement) aurait été exactement la même!".
Le Président de la Commission européenne Romano Prodi a tenu pour sa part à "rendre un hommage particulier au Premier ministre irlandais, Bertie Ahern qui, par son engagement personnel et sa détermination (…), a apporté une contribution substantielle à l'accomplissement de cette mission historique qu'est l'élargissement". "Nous pouvons à présent achever les préparatifs de l'élargissement (…). Nous nous réunirons la semaine prochaine en Sommet à Bruxelles, pour examiner les questions encore en suspens. Nous sommes plus proches du but, mais il nous reste du chemin à faire", a ajouté M. Prodi. Quant au Commissaire aux questions institutionnelles Michel Barnier, il a déclaré à la télévision: "Je suis heureux mais sans triomphalisme C'est un oui à l'Europe (...), c'est un oui à la poursuite du projet politique dans lequel nous sommes engagés", et cela montre aussi que "on ne peut plus continuer à faire progresser le projet européen pour les citoyens mais sans les citoyens".
Le Taoiseach, Bertie Ahern, a affirmé: "nous pouvons maintenant ratifier le Traité de Nice, et l'élargissement véritablement historique de l'Union peut avoir lieu". Selon lui, « notre décision montre que nous restons fortement engagés envers l'Union européenne, que nous comprenons et que nous acceptons que ce qui est bon pour les Européens est bon pour les Irlandais ».
Gerry Maguire, Président du Mouvement européen en Irlande, s'est réjoui que le gouvernement ait réagi de manière positive à son appel de tenir le référendum un samedi, pour permettre au plus grand nombre de personnes d'aller voter. "Ne nous arrêtons pas maintenant!", a lancé M. Maguire, en constatant que l'augmentation de la participation électorale confirme l'importance du travail d'information réalisé par le Mouvement européen et d'autres organisations (voir EUROPE du 19 octobre, p.7, sur le rôle joué par le National Forum on Europe)."Nous devons nous assurer qu'il continuera à y avoir une information continue sur l'UE", estime M.Maguire.