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Bulletin Quotidien Europe N° 8323
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/pacte de stabilite

Ce qui est "stupide", c'est d'appliquer les règles du Pacte en étant "sourds et aveugles aux circonstances", estime Romano Prodi, pour qui il faut "dire en public ce que nous disons en privé" et en insistant sur une "autorité forte" capable de coordonner les politiques économiques

Strasbourg, 21/10/2002 (Agence Europe) - L'Union économique et monétaire a besoin de "règles claires, de règles efficaces (...) qui soient respectées. Pour que ceci soit possible, il faut disposer d'une autorité (...) capable d'intervenir pour défendre le bien commun en adaptant les réponses de politiques économiques aux changements de circonstances (...). Le Pacte de stabilité (...) a été précieux pour l'UEM. La Commission (...) a veillé avec rigueur à son application et continuera à le faire à l'avenir. Comme Premier ministre italien qui (...) a conduit le pays dans la monnaie commune, comme président de la Commission, je suis profondément et intimement convaincu de la vertu des règles à la base de l'UEM et du Pacte (...). Je suis le défenseur convaincu de ces règles, de cette Union, de ce Pacte". C'est ce qu'a dit le Président de la Commission européenne Romano Prodi lundi soir à l'ouverture de la plénière du Parlement européen, où il était venu personnellement expliquer le sens de ses propos sur le Pacte de stabilité et de croissance, qu'il avait qualifié de "stupide" dans une interview au Monde (voir EUROPE du 18 octobre, p.7, et du 19 octobre, p.11). Et il a immédiatement ajouté: « mais être conscients des choses extraordinaires que le Pacte a permises dans le passé et permettra encore à l'avenir ne signifie pas refuser de voir les limites du cadre au sein duquel nous devons l'appliquer. Cela veut dire encore moins appliquer le Pacte de manière rigide et inflexible, étant aveugles et sourds face au changement (...). C'est cela que j'ai qualifié, et que je qualifie de "stupide". Je ne considère pas que le rôle de la Commission (...) soit d'appliquer les règles de cette manière ».

Et, applaudi par les députés, M.Prodi s'est exclamé: « Les citoyens européens ont le droit de savoir, et nous avons le devoir de leur dire ce qui devrait être amélioré. Des hommes politiques comme vous, des économistes, des banquiers et hommes d'affaires répètent en privé (...) les mêmes choses (...) ce que j'ai dit ouvertement (...). Il est temps que nous apprenions à dire en public les mêmes choses que nous disons en privé. Les citoyens sont soupçonneux à notre égard et envers les institutions parce qu'ils pensent que le débat public se limite aux problèmes marginaux alors que les véritables décisions sont prises à huis clos ».

Sur le fond, M.Prodi a estimé qu'il faut reconnaître la détérioration du cycle économique et mondial
- qui a exposé "une partie non négligeable de l'économie à un risque de déflation qu'on croyait disparu" - et le fait que le Pacte n'a pas empêché certains Etats membres d'adopter des politiques budgétaires qui ne sont pas cohérentes avec l'objectif de la stabilité. Aurions-nous dû, dans de telles circonstances, adopter une "conduite inflexible, en essayant de forcer les pays à plus haut déficit à maintenir leurs objectifs budgétaires sans tenir aucunement compte du changement de la situation économique ?", s'est-il demandé. Les institutions européennes, si elles avaient essayé d'imposer des objectifs "désormais irréalistes", seraient accusées d'agir contre la croissance et l'emploi, a averti M.Prodi, qui a assuré: "Moi, au contraire, je veux que l'Europe gagne la bataille de la stabilité autant que celle de la croissance. Ce serait réellement tragique si, pour gagner la bataille de la stabilité, nous perdions la confiance et le soutien de nos citoyens".

Romano Prodi a annoncé que , « bientôt (...) nous ferons nos propositions pour améliorer à la fois la transparence et la rigueur du Pacte ». Pour y réussir, a-t-il martelé, il faut définir avec clarté les responsabilités de la coordination des politiques économiques, il faut "une autorité qui ait la capacité de guider le système d'une manière (...) à la fois rigoureuse et intelligente" . "Je veux être très, très clair sur ce point. Les politiques budgétaires relèvent de la responsabilité des Etats membres", a tenu à préciser M.Prodi, tout en remarquant: la nature de la Commission, dont le mandat est "d'agir au service de l'intérêt commun de l'Europe", fait d'elle "le candidat naturel pour exercer (...) le rôle de guide du système qui doit garantir la coordination des politiques économiques au niveau européen". Et il a cité comme exemple de la nécessité de confier cette responsabilité à « un arbitre indépendant et impartial comme la Commission le cas d'un "early warning" proposé il y a quelques mois par la Commission au Conseil », avertissement qui n'avait pas été retenu. En rappelant que, dans sa première contribution à la Convention européenne, la Commission a fait des propositions pour empêcher que des situations semblables se répètent à l'avenir (en précisant dans le traité quelle autorité est responsable d'un tel "early warning"), M.Prodi a conclu: "nous nous adressons au Conseil afin qu'il considère ces propositions comme une question urgente".

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