Bruxelles, 27/09/2002 (Agence Europe) - Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), la croissance dans les pays de la zone euro devrait atteindre 0,9% cette année et 2,3% en 2003. Dans son rapport annuel publié mercredi à Washington, le FMI estime que « la reprise dans la zone euro semble être à la traîne derrière les autres régions, telles que les Etats-Unis et les marchés émergents en Asie ». Lors de son précédent rapport, le FMI avait prévu une croissance de 1,4% en 2002 et de 2,9% en 2003.
La croissance de l'Allemagne est estimée seulement à 0,5% en 2002 (et 2% en 2003), contre respectivement 0,9% et 2,7% dans les précédentes prévisions du FMI. « Les perspectives de production industrielle et de demande interne en Allemagne apparaissent particulièrement incertaines et de nouvelles faiblesses (de la part de l'économie allemande) pourraient avoir des implications importantes pour l'Europe tout entière », avertit le Fonds. La France s'est montrée, quant à elle, « plus résistante, aidée par les réformes du marché de l'emploi », estime le FMI, qui relève que la croissance a été relativement faible en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal. La Grèce, l'Irlande et l'Espagne ont affiché de bien meilleures performances économiques, reconnaît-il. La plupart des économies de la zone euro doivent améliorer leurs situations budgétaires à moyen terme, préconise le Fonds, en particulier pour permettre plus tard des allégements fiscaux et répondre aux problèmes liés au vieillissement de la population (retraites, frais de santé).
Jusqu'à présent, explique le FMI, la reprise économique dans la zone euro depuis fin 2001 a été principalement le fait des exportations, alors que la demande intérieure est restée faible. Parmi les facteurs de résistance de l'économie européenne, le FMI cite la reconstitution des stocks, la hausse des revenus, la baisse de l'inflation et « la performance étonnamment robuste du marché de l'emploi au cours des dernières années ». Le Fonds s'attend aussi à ce que les entreprises de la zone euro reprennent le chemin de l'investissement, « alors que les bénéfices d'entreprises et l'utilisation des capacités (de production) augmentent ». Mais les exportations pourraient finir par reculer, surtout si l'euro continue de gagner du terrain sur les marchés des changes, note le Fonds. Par ailleurs, le FMI souligne que même si les ménages européens n'investissent pas autant que les ménages américains ou nippons dans la bourse, la chute particulièrement abrupte des places européennes « pourrait avoir un effet douchant sur la confiance et la demande et ajouter des pressions sur les bilans des assureurs et des institutions financières ».