Bruxelles, 27/09/2002 (Agence Europe) - La plupart des Etats membres de l'Union européenne ne disposent ni des vaccins ni des stratégies de réponse adéquats pour faire face à des attaques bioterroristes de masse utilisant des maladies telles que la variole, a déclaré en substance George Gouvras, le responsable de la task force établie par la Commission européenne au lendemain des attentats du 11 septembre.
Selon le texte de son intervention à une conférence sur la santé en Autriche, repris jeudi par Reuters, M. Gouvras a notamment indiqué que la plupart des gouvernements comptent sur leurs réserves nationales de vaccins de la première génération pour faire face à une telle éventualité, mais que ces vaccins ne répondent pas aux standards actuels de qualité de fabrication. Il a également souligné que peu de gouvernements semblaient avoir planifié l'achat de la seconde génération de vaccins quand elle serait disponible, et que les stratégies nationales de réponse à des attaques utilisant la variole ne prévoient pas de scénarios exigeant la vaccination de masse, bien que beaucoup de gouvernements disposent de plans qui permettraient de prémunir toute la population. Le chef de la task force a par ailleurs dit que les ministres compétents de l'UE avaient rejeté l'idée de créer une réserve centrale de vaccins: "il n'y a actuellement aucun accord quant à la nécessité d'une réserve centrale (...) au niveau de la Communauté, un nombre appréciable d'Etats membres jugeant cela prématuré". L'idée de créer un consortium UE pour l'achat de vaccins et d'antibiotiques n'a pas abouti davantage. Selon des sources européennes, certains Etats membres redouteraient de ne plus avoir aucun contrôle sur leurs réserves de vaccins. Outre cette question de souveraineté nationale, le lieu où serait implantée la réserve centrale constituerait une autre pierre d'achoppement. En dépit de ces quelques réserves, M. Gouvras a estimé que les gouvernements des Etats membres coopéraient, précisant qu'ils "font des pas en direction du partage des données des systèmes nationaux d'information et de surveillance sur de possibles contaminations de certaines denrées et de l'eau, et sont d'accord pour faire des exercices visant à tester les actuelles stratégies de réponse". Ils pourraient aussi développer une "échelle d'incidents" visant à indiquer le sérieux d'une attaque, et se mettre d'accord sur la façon d'isoler les personnes touchées par une attaque.