Strasbourg, 25/09/2002 (Agence Europe) - Le ministre danois des Affaires étrangères, Per Stig Moeller, a dressé mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg, un état de la situation dans différentes régions du monde. Tout en soulignant les progrès réalisés en Afghanistan au cours des derniers mois, il a constaté que de nombreux défis sont encore à relever et il a insisté en particulier sur la nécessité de renforcer le gouvernement, de soutenir les réformes et la reconstruction et d'améliorer la place des femmes. Après avoir évoqué la coopération de l'UE à la lutte contre le terrorisme, il a estimé qu'il faut vérifier si les récentes offres du gouvernement irakien sont à la hauteur des exigences des Nations unies. S'agissant du Proche-Orient, il a rappelé les efforts de l'UE pour parvenir à un plan de paix et déploré les récents attentats palestiniens. Il a aussi formulé l'espoir d'une solution rapide pour l'enclave russe de Kaliningrad. Du fait de l'opt out danois, c'est ensuite le ministre adjoint grec des Affaires étrangères, Tassos Yannitsis, qui a pris le relais pour évoquer les aspects liés à la politique de sécurité et de défense. Il a rappelé les nombreux progrès enregistrés sous les Présidences belge et espagnole, mais a cependant constaté que la conclusion d'un accord entre l'UE et l'OTAN est toujours bloquée (à cause du problème gréco-turc: NDLR). Après avoir indiqué qu'il partage l'analyse et les propositions contenues dans les rapports Brok sur la PESC et Titley sur les exportations d'armements (il a notamment cité les mesures concernant le courtage, la production sous licences et le contrôle de l'utilisation finale), Chris Patten est revenu sur la situation au Proche-Orient en insistant une nouvelle fois sur la nécessité de ne pas détruire l'Autorité palestinienne. Le Commissaire aux relations extérieures a déploré la politique du gouvernement Sharon qui ne conduit qu'à "enflammer le terrorisme".
Le président allemand du groupe PPE-DE, Hans-Gert Pöttering, s'est demandé s'il faut vraiment "attendre que le dictateur irakien ouvre ses portes aux inspecteurs de l'ONU" mais il a fortement insisté sur la nécessité d'une position commune de l'UE. "Aucun Etat membre ne doit faire cavalier seul", a-t-il lancé avant d'évoquer à son tour le dossier du Proche-Orient et la nécessité d'enrayer la spirale de la violence en continuant à parler avec les deux parties. Tout en déplorant les attentats terroristes et en reconnaissant le droit des Israéliens à vivre en sécurité, le président espagnol du groupe socialiste, Enrique Baron, a dit qu'Israël doit respecter les résolutions des Nations unies et en particulier la résolution 1435 qui impose la fin des opérations militaires à Ramallah. Le libéral néerlandais Bob van den Bos a critiqué "l'opportunisme de Blair" qui renforce l'unilatéralisme américain alors qu'il faudrait au contraire ramener les Etats-Unis dans un cadre multilatéral même si une intervention en Irak ne peut pas être exclue par principe. Et d'insister lui aussi sur la nécessité d'une véritable politique étrangère commune. Le président français du groupe GUE/NGL, Francis Wurtz, s'est déclaré consterné par l'intervention du président du Conseil. "Vous n'avez même pas exigé la levée du siège du président Arafat ni le retrait des forces israéliennes! Cela ne vous gêne pas d'être sensiblement en retrait sur le Commissaire Patten ?", a-t-il dit avant d'ajouter: "Soyez à la hauteur de ce que le monde attend de l'Europe". Le co-président allemand des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit a plaidé pour une réponse commune des Européens mais, a-t-il dit, il faut "dénoncer Sharon et le blocus d'Arafat, et les Palestiniens quand ils cachent des terroristes". "Nous n'arriverons à quelque chose au Moyen-Orient que si notre cœur bat aussi fort pour les Israéliens que pour les Palestiniens", a-t-il dit à M. Wurtz.
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