Bruxelles/Copenhague, 25/09/2002 (Agence Europe) - A l'occasion de leur Vème Sommet bilatéral, qui s'est tenu mardi à Copenhague, les dirigeants européens et chinois ont eu des discussions « très franches et très ouvertes » sur les droits de l'Homme, a souligné leur hôte, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, en ajoutant que cette rencontre « très fructueuse et intéressante a mis en exergue l'amitié » sino-européenne. Lors de la conférence de presse finale, le Président de la Commission européenne Romano Prodi a plutôt mis l'accent sur la part croissante de l'euro dans la réserve chinoise en devises étrangères, ainsi que les perspectives « très, très positives » à long terme des échanges commerciaux entre l'Union élargie et le pays le plus peuplé au monde.
« Nous avons spécifiquement évoqué nos préoccupations concernant la peine de mort, la torture et les mauvais traitements à l'encontre des minorités ethniques, et plus que tout au Tibet et au Xinjiang », a indiqué le Président du Conseil européen, en espérant, « et je suis optimiste à cet égard, que nous verrons des progrès en Chine dans les années à venir ». En répondant à un journaliste qui l'interrogeait sur la répression contre Falungong, le Premier ministre chinois Zhu Rongji s'est défendu d'avoir « jamais persécuté » les membres du mouvement spirituel qu'il qualifie d'« organisation hors la loi (qui ) persécute le peuple chinois et perturbe l'ordre public. Cette question ne relève dès lors pas desdits problèmes de droits de l'homme (…), et nous espérons que le monde extérieur finira pas aborder la question de Falungong avec objectivité », a-t-il dit. D'autres questions sensibles ont été discutées, sans résultat tangible, si ce n'est que les dirigeants européens ont glissé dans la déclaration commune qu'ils « espèrent engager prochainement des discussions exploratoires sur un possible accord de réadmission » des migrants clandestins venant de Chine et qu'ils ont su convaincre M.Zhu de relancer les discussions sur l'attribution d'un statut de destination agréée à l'UE. Ils estiment pour leur part qu'un tel accord devrait « tenir compte de la problématique du retour ».
Peu avant la tenue de ce Sommet, Ming-min Peng, l'un des principaux conseillers du Président taïwanais qui fut aussi son grand rival aux mémorables élections présidentielles de 1996, a accusé la Chine de « terrorisme » contre Taïwan. 350 missiles chinois sont positionnés de l'autre côté du Détroit de Formose et leur nombre augmente de 50 par an, a-t-il dit. « Ils sont pointés sur nous et les exercices militaires sont dirigés contre nous. Si ça n'est pas du terrorisme, alors nous ne savons pas ce qu'est le terrorisme », a déclaré Ming-min Peng lors d'une intervention au CEPS à Bruxelles, jeudi dernier. Il a souligné « l'humiliation » que l'Etat insulaire, ancré dans la démocratie, subit de la part de la communauté internationale qui lui refuse l'accès aux Nations Unies, à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'Asean, etc. « à cause de l'opposition chinoise ». Pékin « exerce aussi de fortes pressions sur l'Europe », en jouant sur « le vaste marché chinois et les opportunités commerciales qu'il offre en échange de l'exclusion de Taïwan de la communauté internationale ou de son étranglement», a affirmé Ming-min Peng.