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Bulletin Quotidien Europe N° 8296
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/etats-unis/terrorisme

Solidarité des groupes politiques avec les Etats-Unis, mais aussi critiques au gouvernement Bush

Bruxelles, 12/09/2002 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, les députés européens ont réitéré mercredi leur solidarité envers les Etats-Unis un an après les attentats du 11 septembre, mais certains parmi eux se sont distanciés des positions de l'Administration Bush (voir EUROPE d'hier, p.7).

Hans-Gert Pöttering, président du groupe PPE-DE, a apporté son soutien à la lutte antiterroriste et, en notant que les Etats-Unis sont souvent critiqués, "il a lancé: "pouvez-vous vous imaginer à quoi ressemblerait le monde si les terroristes étaient parvenus à leur fin de rendre les Etats-Unis impuissants?". Nous-mêmes Européens devons être capables d'agir, ce qui signifie que nous devons surmonter nos divergences d'opinion, a-t-il insisté, tout en mettant en garde contre toute assimilation du terrorisme au monde arabe ou à l'islam. L'UE, parallèlement, devrait renforcer ses relations avec le monde arabe, a-t-il estimé. Le président du groupe socialiste, Enrique Baron, a, comme pratiquement tous les intervenants, insisté sur le devoir de mémoire, et a invité à rejeter la banalisation de la violence qui "déshumanise". Le multilatéralisme est la condition pour vaincre le terrorisme, a-t-il souligné, et, en citant Javier Solana, il a évoqué certaines caractéristiques de l'UE, comme son attention particulière pour les réalités économiques et sociales et la prévention des conflits. Le Président du groupe libéral, Graham Watson, a souhaité un "dialogue politique approfondi avec nos amis américains sur les valeurs communes sous-jacentes à notre lutte partagée contre le terrorisme". Il est possible de combattre le terrorisme tout en respectant ces valeurs et les droits de l'homme, a affirmé le libéral écossais (qui, comme président de la commission des libertés, avait été l'auteur de rapports insistant sur le respect de l'Etat de droit dans ce contexte: NDLR). Le ton a un peu changé avec Monica Frassoni, co-présidente du groupe des Verts/ALE qui, en soulignant d'emblée l'horreur de la "tragédie" du 11 septembre, a exhorté à empêcher d'autres "tragédies et injustices" qui poussent quotidiennement des millions de personnes "au désespoir". Et elle a souligné la solidarité de son groupe avec les Américains qui, après le 11 septembre, se sont prononcés contre "les guerres de religion (...), les lois spéciales" ou les tentatives de "réduire à une farce" la Cour pénale internationale, et qui savent que même les Etats-Unis "ne peuvent pas gouverner le monde tout seuls". Le président du groupe Gauche unitaire/NGL Francis Wurtz a renchéri dans le même sens et, tout en affirmant que "telle un viol", l'attaque du 11 septembre "ne s'efface pas de la mémoire", il a ajouté: un an après, "nous espérions pouvoir dresser de cette période un tout autre bilan". Or, a-t-il regretté, "cette occasion historique a été gâchée" par la tendance du gouvernement américain, "puissant mais isolé", à "banaliser le recours à la guerre, le cas échéant préventive", au- delà de la "lutte naturellement indispensable contre le terrorisme". Jens-Peter Bonde, président du groupe de l'Europe des démocraties et des différences, a estimé que la large coalition antiterroriste demeure fragile et risque de s'écrouler si elle n'est pas accompagnée d'une "coalition encore plus large contre la pauvreté". Le député danois a insisté en particulier sur un règlement au Proche-Orient, et sur le respect de l'Etat de droit, en s'écriant: « honorons les morts, mais faisons davantage pour les vivants ». Pour l'Union pour l'Europe des Nations, l'Irlandais Gerard Collins a appelé lui aussi à la poursuite d'un effort collectif contre le terrorisme, dans le respect des lois et des droits de l'homme. Enfin, le souverainiste français Dominique Souchet (non inscrit) a lui aussi invoqué ce respect, et a noté: "on peut être sévère pour le manque de lucidité des Etats-Unis devant l'ampleur de la menace islamiste; mais c'était hier (...), et des terroristes ont trouvé aisément asile dans nos capitales européennes, et ont été formés, accueillis et diplômés chez nous".

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