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Bulletin Quotidien Europe N° 8296
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Les Américains demandent à l'Union de coopérer davantage avec eux pour combler la pénurie alimentaire et aider les réfugiés - divergences d'approche

Bruxelles, 12/09/2002 (Agence Europe) - Les Etats-Unis et l'Union européenne doivent absolument renforcer leur coopération et leur coordination dans l'aide qu'ils apportent à l'Afghanistan pour répondre aux besoins urgents en aide alimentaire et en assistance aux réfugiés à l'approche de l'hiver. C'est le message qu'a délivré l'Américain Richard L. Greene du Département d'Etat (Principal Deputy Assistant Secretary du Bureau of Populations, Refugees, and Migration) à ses interlocuteurs européens, en effectuant mercredi une visite à la Commission européenne. Au cours d'une conférence de presse, M. Greene a fait état des entretiens qu'il a eus avec Mme Adinolfi, directrice d'Echo (Office d'aide humanitaire de la Communauté), le directeur de cabinet du Commissaire Poul Nielson (Développement et aide humanitaire) et les services de la Direction générale des Affaires extérieures de la Commission. « Ces entretiens ont porté sur le calendrier de l'aide et sur les défis urgents à relever. D'incroyables progrès ont été réalisés au cours des dix derniers mois en termes de retours de réfugiés (1,89 million), de sécurité, de production agricole, de programmes pour l'emploi, de scolarisation, de réhabilitation des infrastructures, mais beaucoup reste à faire, c'était important d'avoir cette discussion le 11 septembre, car cela témoigne du partenariat solide avec la Commission, ainsi qu'avec l'Union européenne, en faveur de l'Afghanistan », a-t-il déclaré.

L'urgence, pour les Américains, est de maintenir sur place les réfugiés de retour pour éviter qu'ils ne se transforment en personnes déplacées, d'assurer la sécurité et de couvrir sans discontinuer les besoins alimentaires pour combler la pénurie estimée à 200 000 tonnes de vivres manquantes pour affronter correctement l'hiver, et en gardant à l'esprit les besoins à court, moyen et long terme. « Les Etats-Unis ont fourni 80% de l'aide alimentaire initiale et assureront 50% du deuxième appel lancé par le programme alimentaire mondial », a précisé M. Greene.

Derrière ces propos constructifs transparaissaient à peine les critiques virulentes adressées par l'Assistant Secrétaire d'Etat américain Arthur E. Dewey qui, à la fin août, avait accusé l'Union de ne pas assez coopérer sur le terrain, de ne pas avoir mobilisé en quantité suffisante l'aide financière promise et de préférer passer par les ONG que par les agences des Nations unies pour acheminer l'aide aux réfugiés.

Interrogé à ce sujet, Richard L.Greene a atténué les critiques, en déclarant: « les Etats-Unis et l'Union reconnaissent tous deux l'urgence des besoins alimentaires. Les Etats-Unis accordent une grande importance à la couverture de ces besoins. Nous reconnaissons les efforts de l'Union en matière de reconstruction, d'aide budgétaire et judiciaire. Nous n'avons pas de différences en termes d'objectifs, la question est de travailler ensemble ». Selon lui, M. Dewey souhaitait simplement « mettre en évidence l'urgence de répondre aux besoins urgents », ainsi qu'en témoigne le courrier qu'il a adressé en août aux Commissaires Patten et Nielson.

A la presse qui lui demandait quelle réponse attendre de la Commission, le porte-parole de Chris Patten a répondu: « la Commission a déjà réagi. Le Secrétaire d'Etat demande un effort additionnel en aide alimentaire et en aide au UNHCR. En 2002, nous avons engagé 200 millions d'euros pour l'Afghanistan, et nous allons atteindre 265 millions. Nous avons augmenté notre aide humanitaire et notre aide à la reconstruction. Nous respectons nos engagements et allons même au-delà. Il y a certes une pénurie alimentaire, mais nous travaillons intensément pour améliorer la chaîne d'approvisionnement et pour donner des terres arables aux réfugiés. Fournir des tonnes d'aide alimentaire n'est pas la seule chose qui compte. Nous travaillons à plus long terme . C'est une approche différente ».

A propos de la préférence donnée aux ONG plutôt qu'à l'ONU, le porte-parole a expliqué en substance que coopérer avec l'ONU ne signifiait pas s'en remettre exclusivement à elle. « Certaines agences de l'ONU pensent que toute l'aide devrait être canalisée par elles. Nous voulons conserver le contrôle de notre aide, tout en maintenant la coopération avec l'ONU », a-t-il déclaré. Et d'ajouter: « il n'appartient pas à l'Union de combler chaque pénurie. Nous sommes déjà le donateur le plus généreux ».

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