Bruxelles, 12/09/2002 (Agence Europe) - Le "paquet" de propositions sur l'énergie nucléaire de la Commissaire en charge de l'énergie Loyola de Palacio est, depuis jeudi, en consultation interservices au sein de la Commission européenne. "Il ne faut pas nier une réalité: on ne peut pas renoncer au nucléaire dans les années à venir surtout si on veut respecter les objectifs du protocole de Kyoto", a déclaré la Commissaire en énonçant ses trois objectifs: promouvoir une meilleure transparence de la problématique du nucléaire au sein de la population, assurer la sécurité et la diversification des approvisionnements énergétiques de l'UE, et garantir un niveau élevé de sûreté de l'énergie nucléaire.
La sûreté nucléaire: la proposition vise à introduire des normes communautaires obligatoires, basées sur les standards de Vienne, pour tous les Etats membres de l'UE, surtout en perspective de son élargissement car "cinq des dix pays candidats ont des centrales nucléaires", précise Mme de Palacio. Au niveau des contrôles, "des experts en sûreté nucléaire allemands pourront visiter des centrales nucléaires espagnoles. C'est une garantie de mesures de sûreté équivalentes et respectées par tous", a-t-elle ajouté.
Les fonds de démantèlement: la proposition consiste à mettre en place un système garantissant des fonds de démantèlement suffisants et disponibles pour les installations nucléaires, "ce qui est actuellement un problème dans les pays candidats", a commenté la Commissaire.
La gestion des déchets radioactifs et des combustibles irradiés: actuellement, à l'exception de la Finlande et de la Suède, ces déchets sont entreposés dans les centrales nucléaires ou dans des réservoirs en surface. L'objectif de la proposition est de déterminer des sites d'enfouissement pour ces déchets. "Normalement, chaque pays est responsable de ses déchets mais je ne cache pas que certains pays, comme la Lituanie, auront un problème pour stocker les leurs", a expliqué Mme de Palacio. La proposition visera aussi à stimuler la recherche en la matière.
L'approvisionnement des pays candidats en matière fissibles: cette proposition vise à obtenir un mandat de négociation avec la Russie pour régler la délicate question de l'approvisionnement des pays candidats pour les matières fissibles. En effet, ceux-ci s'approvisionnent en Russie à hauteur de 100 %. Or, selon l'accord de Corfou de 1994, l'UE dans son ensemble ne peut s'approvisionner pour les matières fissibles avec un pays tiers à plus de 20 %. Donc, les pays candidats vont devoir réduire leur approvisionnement en provenance de Russie, ce qui privera celle-ci d'une importante source de revenus. Cette négociation aura lieu dans le cadre du dialogue énergétique entre l'UE et la Russie (pour rappel, le prochain sommet entre l'UE et la Russie est prévu au mois de novembre).