Bruxelles, 29/08/2002 (Agence Europe) - Le président de la commission parlementaire des budgets, Terry Wynn (travailliste britannique), a déclaré mercredi que le Parlement était prêt à soutenir les mesures d'urgence proposées par la Commission en faveur des victimes des inondations en Europe centrale. M. Wynn a souligné que des fonds existaient à l'intérieur du budget actuel (2002), tout en craignant que cette solution puisse être rejetée par le Conseil. Concernant la création d'une ligne budgétaire permanente pour remédier aux conséquences des catastrophes naturelles, M. Wynn a laissé entendre que le Parlement préférerait donner son accord à des actions ad hoc pour couvrir les coûts de futures catastrophes naturelles. De plus, a-t-il argumenté, la nature imprévisible des catastrophes naturelles rend discutable l'idée de geler de l'argent communautaire dans les prochains budgets. « La question n'est pas de savoir si les institutions peuvent ou non créer une nouvelle ligne budgétaire. Elles doivent trouver une manière de réagir rapidement », a conclu M. Wynn.
Les élus européens de la CDU/CSU proposent un paquet de mesures immédiates
Au PE, Hartmut Nassauer et Markus Ferber ont présenté un paquet de mesures immédiates pour lesquelles ils espèrent obtenir une majorité de voix lors de la plénière de la semaine prochaine à Strasbourg (voir EUROPE d'hier, p.4, au sujet de la demande d'une aide exceptionnelle de la part de Francis Wurtz, président du groupe Gauche unitaire/Gauche verte nordique). Les élus européens de la CDU/CSU proposent en particulier: - une aide immédiate d'un milliard d'euros prélevée dans les crédits disponibles dans le cadre du budget 2002. Selon les députés allemands, cette somme pourrait être rapidement disponible grâce à l'adoption d'un budget supplémentaire; - une aide de 550 millions d'euros destinée aux agriculteurs des zones frappées, par le biais de paiements directs anticipés; - le recours à la réserve de performance des fonds structurels et la pleine utilisation des crédits pas encore engagés au titre des fonds structurels, avec un taux de cofinancement réduit. Comme la Commission européenne, les députés de la CDU/CSU estiment que ceci pourrait signifier une aide de 1,2 milliard d'euros pour la seule Allemagne; - de nouveaux prêts de la BEI à taux d'intérêt réduit pouvant aller jusqu'à 5 milliards d'euros; - la création d'un fonds européen pour les catastrophes, grâce à l'approbation d'une base juridique appropriée et de montants budgétaires qui pourraient provenir de la réserve; - redéploiement des crédits inscrits pour la préparation de la République tchèque et de la Slovaquie à l'adhésion à l'UE.
Toujours au sein du groupe PPE/DE, l'Autrichienne Marilies Flemming a insisté en particulier sur la mise en place rapide d'un fonds pour les catastrophes. "A l'avenir, les catastrophes environnementales arriveront partout. Il n'y a plus de "sécurité géographique", car le réchauffement de la planète ne touche pas des territoires limités", affirme l'élue européenne de l'ÖVP, qui exhorte en particulier les Etats-Unis et la Russie à ratifier le Protocole de Kyoto qui, souligne-t-elle, n'est qu'un premier pas.
Quant au président du groupe libéral Graham Watson, qui était mardi à Prague pour se rendre compte de l'ampleur des dégâts, il a salué les propositions de la Commission européenne, et en particulier le fait que la Commission n'ait pas fait de différence entre les pays membres de l'UE et les pays candidats frappés par les inondations. Si nous devons appuyer la création d'un fonds permanent pour les catastrophes, nous devons nous assurer qu'il ne sera pas "bureaucratique, qu'il disposera de ressources adéquates et qu'il visera les régions les plus affectées", affirme le libéral démocrate britannique, qui souligne aussi qu'il faut aussi "vérifier attentivement" quelles lignes du budget de l'UE seraient pénalisées par un redéploiement de crédits permettant la création d'un tel fonds permanent.