Bruxelles, 19/06/2002 (Agence Europe) - Le président du groupe PPE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering (CDU), s'est dit satisfait du projet d'accord élaboré par la Présidence espagnole sur la réforme du Conseil qui devrait être approuvé lors du Sommet de Séville. La scission du Conseil en deux formations distinctes (un "Conseil législatif" composé des ministres des affaires européennes et chargé d'adopter les nouveaux textes législatifs, l'autre en "Conseil exécutif" composé des ministres des Affaires étrangères et chargé de mettre en oeuvre les politiques étrangères, de sécurité et défense communes, selon la lecture de M. Pöttering) "est quelque chose que nous avons demandé depuis longtemps", a dit M.Pöttering mercredi devant un petit groupe de journalistes. Cette réforme devrait permettre de renforcer la "transparence et l'ouverture" du Conseil, à condition que les travaux et les procédures de décisions du "Conseil législatif" soient publics, a souligné M.Pöttering. A propos de l'élargissement (un autre sujet à l'ordre du jour du Sommet de Séville), M.Pöttering s'est dit "très fâché" de la récente prise de position du chancelier allemand Gerhard Schröder qui, dans un commentaire pour un grand journal allemand, avait insisté la semaine dernière sur le fait que son gouvernement n'était pas prêt à négocier avec les pays candidats sur les aides directes tant que l'Allemagne n'aura pas obtenu certaines garanties à propos de la prochaine réforme de la PAC, c'est-à-dire en tout cas pas avant le Sommet de Copenhague en décembre (voir EUROPE du 18 juin, p.13). M.Schröder "joue le protecteur des intérêts financiers allemands" et utilise l'élargissement à des fins électorales, a affirmé M.Pöttering. Selon lui, le commentaire du chancelier a "déjà eu les conséquences les plus négatives", notamment en Pologne où les eurosceptiques ont utilisé la fermeté allemande sur les aides directes pour obtenir plus de soutien au sein de la population. En matière d'immigration et d'asile, M.Pöttering a apporté le soutien du groupe PPE à la mise en place graduelle d'un contrôle européen des frontières extérieures de l'UE, mais il a aussi demandé pour que cette question ne soit "pas considérée de manière isolée": "Nous devons aussi renforcer notre coopération avec les pays tiers" les plus concernés et "récompenser ceux qui font preuve d'une volonté particulière de coopérer avec nous". A propos de la question d'éventuelles sanctions contre des pays tiers qui refuseraient de coopérer, M.Pöttering n'a pas exclu cette possibilité, mais sur la base d'une approche individuelle "au cas par cas".