Bruxelles, 19/06/2002 (Agence Europe) - Comme annoncé dans EUROPE du 15 juin (p.10), la Commission européenne a publié mercredi son rapport sur les « perspectives des marchés agricoles (2002-2009) » qui identifie les secteurs qui devront faire l'objet de propositions dans le cadre de la révision à mi- parcours de la politique agricole commune (PAC), à savoir surtout le seigle (qui présenterait un « déséquilibre structurel continu ») et le riz (qui souffrira énormément des accords commerciaux préférentiels conclus notamment dans le cadre de l'initiative « Tout sauf les armes » avec les pays les moins avancés). Ce rapport comporte un chapitre spécialement consacré aux conséquences, sur les marchés européens, du nouveau « farm bill » américain, le « Farm Security and Rural Investment Act » (FSRIA).
D'après les prévisions de la Commission, les perspectives à moyen terme pour l'UE sont positives, dans l'ensemble, pour la plupart des produits agricoles. Il est prévu notamment une augmentation continue de la consommation et une « reprise soutenue des exportations de céréales de l'Union ». La production de viande bovine devrait revenir à des niveaux « plus normaux ». Les secteurs en difficulté sont le seigle, dont les prix sont trop élevés et les débouchés difficiles à trouver et le marché européen du riz, qui serait condamné à disparaître en raison des importations massives qui proviendront des pays tiers.
La loi agricole américaine affectera surtout le marché européen du blé
Une « pression à la baisse sur les prix mondiaux » affectant « les producteurs dans le monde entier, à l'exception notable des agriculteurs américains »: telle est l'une des principales conséquences prévisibles de la nouvelle loi agricole adoptée par les Etats-Unis en mai dernier, selon ce rapport dont les estimations seront utilisées par la Commission pour les propositions qu'elle doit arrêter le 10 juillet en vue de la révision à mi-parcours de la PAC. Ce document précise que « pour l'UE, l'impact le plus important est à attendre sur le secteur du blé et, dans une moindre mesure, sur les céréales fourragères et la production de viande ». La Commission écrit aussi que « le niveau accru de soutien » accordé aux agriculteurs américains au titre de cette nouvelle loi américaine, par rapport à la précédente (le « FAIR Act ») « implique des niveaux de production plus élevés que ce que les prix mondiaux auraient générés », ce qui « exercera une pression à la baisse supplémentaire sur les prix de marché ». Le rapport poursuit que cela pourrait « renforcer la compétitivité de l'agriculture américaine à court terme et stimuler la demande interne et externe, tout en réduisant les importations ». A long terme, la capitalisation du soutien dans les prix des terres pourrait « accroître les coûts de production et aboutir à une détérioration de la situation financière de l'agriculture américaine, ce qui pourrait engendrer un besoin encore accru de soutien supplémentaire », peut-on lire dans cette évaluation. Les autres constats sont les suivants: - face à la pression à la baisse ainsi exercée sur les prix mondiaux, les agriculteurs américains, protégés par les « deficiency payments » (y compris des paiements contre-cycliques), devraient maintenir leur production à un niveau plus élevé que ce qu'implique le marché ; - la production d'oléagineux pourrait diminuer quelque peu, relâchant ainsi quelque peu la pression sur les prix mondiaux.
Compte tenu de ces nouveaux développements aux Etats-Unis, il n'est pas exclu que la Commission propose, dans le cadre de la révision à mi-parcours, une baisse supplémentaire de 5% du prix d'intervention des céréales (en plus des baisses du prix d'intervention du seigle et de l'aide supplémentaire pour le blé dur) (voir aussi EUROPE d'hier, p.14).
Le rapport sur les perspectives agricoles est disponible sur Internet à l'adresse suivante: http: //europa.eu.int/comm/agriculture/publi/caprep/prospects2002/index_en.htm