Bruxelles, 19/06/2002 (Agence Europe) - Le Commissaire Pascal Lamy s'est envolé, mercredi, vers les Etats-Unis où il effectue une visite officielle de deux jours consacrée aux principaux thèmes de l'actualité commerciale. Parmi les problématiques qui vont sans doute dominer les discussions qu'il aura, jeudi et vendredi, avec des représentants de l'administration, du Congrès, de l'industrie et des syndicats, figurent en bonne place le conflit sur l'acier, les aides fiscales à l'exportation (FSC) déployées par les Etats-Unis mais prohibées par l'OMC, la nouvelle enveloppe surdimensionnée prévue pour leurs agriculteurs et l'autorité dite de "Fast Track" qui laisserait au président Bush et son équipe les mains libres pour négocier des accords commerciaux. Avant de gagner Washington, M.Lamy a fait étape mercredi soir à Atlanta qui accueille ces jours-ci le Forum mondial de l'Alimentation. Dans la capitale fédérale, le Commissaire devait s'entretenir le jour suivant avec le Secrétaire au Trésor Paul O'Neill (FSC, aspects développement du commerce, notamment avec l'Afrique) puis le président de la Banque interaméricaine de développement Enrique Iglesias (processus en cours de part et d'autre de l'Atlantique et politique européenne à l'égard de cette région). Il rencontrera aussi le Président de l'influent Ways and Means Committee et le démocrate Sandy Leven de la Chambre des Représentants, ainsi que Charles Grassley au Sénat. Les deux chambres du Congrès ont voté pour la délivrance de l'autorité de promotion commerciale au président Bush mais en optant pour des versions différentes de l'acte. Et si les Européens se sentent concernés par le dénouement de cette procédure, explique-t-on à Bruxelles, c'est surtout parce qu'une carte blanche du Congrès à l'exécutif faciliterait considérablement les négociations en cours sur l'Agenda de Doha. L'acier est aussi au menu de ces premiers échanges de vues avec Washington, où le feu vert vient d'être donné à une seconde tranche d'exemptions de produits frappés de surtaxes quasiment prohibitives depuis le 20 mars dernier. La décision annoncée mardi soir ajoute 46 produits aux 61 déjà exclus de la portée du dispositif de sauvegarde américain. "Nous ne négocions pas ces exclusions, les demandes sont faites par les entreprises elles-mêmes", rappelle-t-on à la Commission européenne, en soulignant que les compensations restent nécessaires vu le manque de probabilité d'obtenir l'exclusion de toutes les livraisons européennes d'acier.Un face à face avec les travailleurs et les employeurs du secteur est programmé pour jeudi soir et ce n'est que vendredi, en fin de parcours, que M. Lamy rencontrera son homologue américain Bob Zoellick, après être passé au Centre d'affaires euro-américain.