Bruxelles, 29/05/2002 (Agence Europe) - Comme chaque année à l'approche des vacances d'été, la Commission européenne vient de publier son rapport sur la qualité des eaux de baignade en Europe, mesurée à l'aune de la directive 76/160/CEE qui établit, sur la base de paramètres microbiologiques et physico-chimiques, des valeurs minimales obligatoires garantes de la qualité de l'eau, et des valeurs indicatives facultatives que les Etats membres devraient s'efforcer de respecter pour atteindre l'excellence. Ce rapport (le dix-neuvième du genre) concerne la saison balnéaire précédente, soit la saison 2001. A ce titre, il ne renseigne pas sur la qualité des eaux en temps réel. Les données qu'il rassemble sur 13 429 plages côtières et 5 783 zones d'eau douce (lacs et rivières) sont néanmoins de bon augure puisqu'elles confirment la tendance à l'amélioration constante de la qualité des eaux côtières enregistrée au cours des dix dernières années. La qualité des eaux intérieures, elle, enregistre une légère baisse par rapport à l'an dernier. Globalement, la différence demeure marquée entre la qualité des eaux douces et celle des eaux côtières, beaucoup moins polluées (les bactéries survivent plus longtemps dans les eaux intérieures).
Alors qu'en 1992 les eaux côtières de l'Union étaient à 85% conformes aux critères de qualité minimale de la directive, ce taux atteignait 97% en 2001 (contre 96,5% en 2000). Pour les sites d'eau douce, le niveau de conformité qui était inférieur à 50% en 1992, atteignait à 93% en 2001 (contre 93,6% en 2000, soit une légère détérioration de la situation).
"La situation se stabilise. C'est tout à fait encourageant, mais nous poussons encore à l'amélioration des performances", a déclaré Margot Wallström, Commissaire à l'Environnement, en présentant le rapport à la presse. La Commissaire s'est félicitée de ce que la France, pays qui n'avait pas communiqué ses données à la Commission pendant plusieurs années, ait "retrouvé sa place dans le rapport" eu égard à l'engouement des citoyens européens pour cette destination de vacances. Les données fournies par cet Etat membre sont toutefois difficilement interprétables, étant donné le nombre élevé (8%) de zones de baignade qui n'ont pas fait l'objet d'un échantillonnage suffisant, et l'absence prolongée des résultats requis pour 1999 et 2000.
Evoquant les tendances les plus significatives, Margot Wallström a cité la chute de la qualité des eaux douces en Autriche (taux de conformité de 92,9% contre 96,6% en 2000) et aux Pays-Bas (taux de conformité de 92,4% contre 96,2% en 2000), phénomène principalement imputable à de mauvaises conditions climatiques, et les interdictions de baignade imposées par les autorités nationales en Espagne, en Belgique et au Luxembourg pour de nombreux sites en eau douce. Jugeant alarmant qu'en Espagne la baignade soit interdite dans 14,6% des sites, la Commissaire a rappelé qu'un deuxième recours devant la Cour de justice avait été introduit contre cet Etat membre qui risque de se voir imposer une sanction financière (au titre de l'article 228 du Traité). "Interdire la baignade ne doit en aucun cas devenir une technique pour se soustraire aux obligations prescrites par la directive", a précisé Margot Wallström.
Aux termes du rapport, la Belgique est le seul Etat membre dont les eaux côtières affichent un taux de conformité de 100% avec les critères de la directive, mais la qualité de ses eaux douces continuent à se dégrader pour la quatrième année consécutive (taux de conformité de 90% seulement). La Grèce a, pour la première fois dépassé le seuil de 99% (99,4%) pour la qualité de ses zones balnéaires côtières, dont 97,1% sont même conformes aux valeurs indicatives les plus strictes de la directive. Le Portugal a enregistré une amélioration de ses performances tant pour la qualité de ses eaux côtières (taux de conformité de 96,7%) que de ses eaux douces (84,2%). Le Royaume-Uni a continué à redresser le taux de conformité de ses eaux côtières pour atteindre un taux de conformité de 95,3% et a ramené le taux de conformité de ses eaux douces à 100%.
L'Italie a atteint un niveau de qualité sans précédent pour ses eaux côtières (96,6%) alors que la Finlande enregistre une baisse considérable du taux de conformité de ses eaux côtières (88,3% contre 98,3% en 2000), tandis que la qualité de ses eaux intérieures est stable.
Estimant que la directive 76/160/CEE sur la qualité des eaux de baignade a atteint sont objectif, Margot Wallström a souligné la nécessité de revoir les paramètres de ce texte vieux de 26 ans. Une proposition de directive révisée est en cours de préparation en vue de réduire davantage les risques d'infection liés à la baignade (la contamination bactérienne résultant d'un traitement insuffisant des eaux usées ou des déchets d'animaux entrant directement dans l'eau peuvent donner lieu à des gastro-entérites, voire à des maladies respiratoires) et de simplifier la gestion et la mise en oeuvre de la directive par les Etats membres. Cette proposition sera présentée par la Commission avant ou juste après la pause d'été, a annoncé Margot Wallström.
Le rapport intégral peut être consulté à l'adresse: http: //http://www.europa.eu.int/water/water-bathing/report.html