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Bulletin Quotidien Europe N° 8221
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/convention/femmes

La sous-représentation des femmes au sein de la Convention est contraire au principe de l'égalité des chances, estiment les députés - Anna Karamanou propose onze mesures à la Convention

Bruxelles, 29/05/2002 (Agence Europe) - La Commission des droits de la femme du Parlement européen a, lors d'une rencontre organisée le 22 mai avec plusieurs associations de défense des droits de la femme sur le thème « Construire une Europe démocratique: Convention des femmes », lancé un débat sur la façon dont les femmes peuvent participer à la construction d'une Europe du « bien-être » et sur les moyens d'éveiller leur intérêt pour ces questions. Anna Karamanou (PSE grecque), présidente de la Commission, a exprimé sa profonde déception de voir que les femmes étaient représentées de façon très minoritaire à la Convention européenne, alors qu'une représentation égale des hommes et des femmes, aurait été une « conséquence naturelle (….) du respect des valeurs démocratiques préconisées par l'UE ». Mme Karamanou a présenté onze mesures concrètes pour combattre la discrimination sur la base du sexe dans l'Europe de demain. Cette « plate-forme d'exigences minimales » demande notamment que la Charte des droits fondamentaux (qui proclame l'égalité hommes/femmes dans son article 23) soit juridiquement contraignante, et que soit inscrite dans les traités l'exigence de la parité hommes-femmes dans les institutions politiques, à tous les niveaux. La parlementaire Ana Palacio Vallelersundi (PPE-DE espagnole), membre du présidium de la Convention, s'est engagée à présenter à la Convention les onze mesures de Mme Karamanou, a dit sa « surprise » de voir si peu de femmes dans la Convention, alors que le premier défi de celle-ci est de rapprocher l'UE du citoyen. « Il reste encore beaucoup à faire, preuve de la nécessité d'une réunion comme celle-ci », a-t-elle ajouté. Mme Palacio a aussi souligné l'importance de traiter des questions d'égalité des sexes dans les groupes de travail de la Convention et évoquer ces questions avec la société civile.

Mme Odile Quintin, directeur général à la DG Emploi de la Commission, a qualifié la rencontre de « une réflexion forte sur le déficit démocratique » en Europe. Parmi les outils qui pourront contribuer à davantage d'égalité, elle a cité le Forum de la société civile, « instance privilégiée qui apportera une contribution concrète aux débats de la Convention ». Mme Quentin a aussi proposé la création d'un groupe technique d'experts chargé d'identifier les domaines dans lesquels des progrès concrets pourraient être réalisés. Mary McPhail, qui représentait le Lobby européen des femmes (LEF) à la place de sa présidente Denise Fuchs, a déploré le « manque de vision et d'innovation » de la Convention dans la désignation de ses membres. Pour l'avenir, le LEF souhaite que le droit à l'égalité hommes/femmes soit renforcé et introduit dans le Préambule du futur Traité. « La parité est nécessaire comme condition préalable à la démocratie », a-t-elle conclu. Maria Stratigaki, vice-présidente du comité consultatif pour l'égalité des chances entre femmes et hommes, a qualifié la sous-représentation féminine à la Convention de « un pas en arrière dans la représentation des femmes et des hommes dans l'UE ». Présidente de l'Association européenne des femmes, juristes (AEFJ), Elisabeth Müller, a rappelé que l'objectif de l'Association est d'améliorer la législation européenne en matière du Droit des femmes, et a posé les problèmes suivants: 1) comment engager les femmes dans le projet de la Convention ; 2) comment élaborer une base de données exhaustive et facile d'accès sur toutes les ONG concernées par les droits des femmes. Sophia Spiliotopoulos, experte de la Commission européenne et vice-présidente de l'Association des femmes de l'Europe méridionale (AFEM), s'est voulue positive, en notant que même si elles sont sous-représentées, les femmes présentes dans la Convention sont « des femmes de valeur ». Selon elle, une « participation équilibrée dans les prises de décisions n'est pas un but en soi ».

En marge de la rencontre, la socialiste belge Anne Van Lancker, parlementaire européenne, membre de la Convention, a appelé à l'introduction d'un chapitre sur l'égalité dans le prochain traité, chapitre qui couvrirait la question de l'égalité non seulement au travail mais aussi dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la politique des consommateurs et de prise de décisions. Mme Van Lancker critique la « domination masculine » à la Convention et appelle à une vaste campagne incluant organisations de femmes et experts académiques. « Mettons l'égalité à l'agenda de la Convention. Et utilisons la Convention comme une fenêtre afin de gagner le coeur des femmes pour l'Europe », a-t-elle indiqué.

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