Munich, 29/05/2002 (Agence Europe) - Reinhold Bocklet, ministre aux Affaires européennes du Land de Bavière, a vertement critiqué le projet sur l'avenir de l'Europe présenté la semaine dernière à la Convention et au Parlement européen par la Commission européenne, en estimant que cette dernière, "apparemment, ne se soucie pas d'abord de s'attaquer aux changements nécessaires dans l'intérêt de l'UE, mais veut assurer et développer son propre pouvoir". C'est "presque un affront" qu'elle se présente comme la seule à "incarner l'intérêt communautaire" et à défendre les intérêts des citoyens, lance-t-il, en estimant que la "normalité" exigerait en particulier que le Parlement européen et le Conseil aient eux aussi le droit d'initiative. Quant aux réserves exprimées par la Commission sur un catalogue de compétences, M. Bocklet affirme qu'elle « se soustrait à ce débat parce qu'elle ne veut pas accepter que l'UE ne peut pas faire tout ce que la Commission considère important". Quant aux idées de la Commission concernant la coordination la politique économique dans l'UE et son propre rôle dans ce contexte, M. Bocklet décrète: "Je rejette énergiquement un tel gouvernement centraliste européen (...). Les propositions de la Commission, en outre, mettraient en péril l'indépendance de la Banque centrale européenne". Enfin, M. Bocklet concède à la Commission européenne d'avoir raison de réclamer un plus grand rôle pour l'UE en matière de politique étrangère et de sécurité, mais il ajoute aussitôt que ceci ne doit pas passer par "un monopole d'initiative de la Commission", car même à l'avenir, la politique étrangère et de sécurité commune continuera à se développer sur un plan essentiellement intergouvernemental.
Reinhold Bocklet, en attribuant le 28 mai la Médaille européenne du gouvernement de Bavière à l'élu européen de la CSU Ingo Friedrich, a de nouveau insisté sur la nécessité de maintenir l'équilibre entre les niveaux européen, national et régional, et a noté que M. Friedrich, en bon défenseur de la subsidiarité, a toujours su montrer où il faut plus d'Europe et où il en faut moins.