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Bulletin Quotidien Europe N° 8204
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La BCE a laissé inchangés ses taux directeurs - M. Duisenberg durcit le ton sur l'inflation

Bruxelles, 02/05/2002 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi à Francfort, de maintenir inchangés ses taux directeurs. Le taux de soumission minimal appliqué aux principales opérations de refinancement reste à 3,25% (le niveau qu'il avait atteint après une réduction de 0,5% le 8 novembre dernier). Le taux de la facilité de prêt marginal est maintenu à 4,25% et celui de la facilité de dépôt à 2,25%. Lors de sa conférence de presse, le président de la BCE, Wim Duisenberg, a expliqué que le Conseil des gouverneurs a conclu que « les perspectives de stabilité des prix semblent moins favorables qu'elles ne l'étaient à la fin de l'année. En même temps, nous reconnaissons que l'horizon économique reste soumis à des incertitudes et que les développements en matière de prix sont dus à des facteurs temporaires ». « La forte hausse des prix du pétrole observée récemment et peut-être, d'une certaine manière, un effet plus grand du passage à l'euro, quand les prix ont été arrondis, nous ont amenés à revoir nos prévisions pour les prix », a-t-il ajouté. Selon certaines analyses, le changement de ton au sujet de l'inflation (notamment à cause du risque d'augmentation des salaires en Allemagne, de 2% en 2001 à 3,5% en 2002), combinée à l'amélioration des perspectives de croissance en Europe, pourrait signifier que la BCE relèvera ses taux après l'été. Par ailleurs, M. Duisenberg a confirmé la tendance à la reprise de la croissance du PIB dans la zone euro, laquelle devrait être entre 2 et 2,5% en fin d'année, et a indiqué que la croissance de l'indicateur de masse monétaire M3 commençait à se résorber (7,5% de janvier à mars 2002, contre 7,8% de décembre 2001 à février 2002).

L'absence du mot « approprié », employé par Duisenberg pour qualifier les taux et justifier le statu quo monétaire, a été très remarquée. A ce sujet, le président de la BCE a répondu aux journalistes: « nous ne pouvons pas répéter le même texte à chaque fois. Nous considérons bel et bien que la politique monétaire actuelle est appropriée, mais nous reconnaissons que les incertitudes qui planent sur notre évaluation n'ont jamais été aussi fortes ». M. Duisenberg a aussi répondu à des questions portant sur:

- la faiblesse du dollar: « ce qui m'inquiète, c'est le risque de (…) nouvelles mesures protectionnistes, comme cela s'est produit pour les importations d'acier », a-t-il souligné, avant de déclarer: « la poursuite de son appréciation, ou la maintien de l'euro à son niveau actuel, nous aiderait à garder l'inflation sous contrôle, et je ne pense pas que cela a eu des effets sur les développements de l'économie réelle, sur la production ou les capacités d'exportation de la zone euro ».

- surveillance financière: M. Duisenberg a dit que le Conseil des gouverneurs en a discuté « brièvement », puisque le Conseil Ecofin examinera mardi un mandat sur la mise en place d'une coopération entre les autorités de surveillance et les autorités de contrôle bancaire (voir EUROPE des 15 et 16 avril, p.14). M. Duisenberg a appelé les ministres de l'Economie et des Finances à « tenir compte des dispositions qui existent dans les traités » et à s'assurer que « notre comité de surveillance bancaire puisse être incorporé dans la nouvelle structure qui devrait se mettre en place ».

- inflation et modération salariale: « je ne suis plus aussi sûr qu'avant que le taux d'inflation descendra en dessous des 2% avant la fin de l'année, mais il devrait se situer près de 2% », a-t-il reconnu, avant d'ajouter: « les risques sont plus à la montée des prix qu'au tassement ; nous avons connu des évolutions décevantes dans le domaine des prix du pétrole, et du secteur tertiaire, qui s'ajoutent aux développements en matière de fixation des salaires ». Il a dit aussi que l'issue des négociations salariales pourrait être une source d'inquiétude (en Allemagne).

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