Murcia, 29/04/2002 (Agence Europe) - En marge de la réunion informelle du Conseil Agriculture, le Commissaire Franz Fischler s'est montré fermement décidé à ne pas "diluer" ses propositions de réformes de la Politique commune de la pêche (Pcp), dont l'adoption par la Commission européenne est prévue le 28 mai, après avoir été retirée de l'ordre du jour de la réunion du collège de la semaine dernière (voir EUROPE du 27 avril, p.17). "Nous avons réellement besoin de réforme", et pour garantir au mieux les chances de son succès, "j'ai décidé de ne pas risquer une grande opposition au sein de la Commission ou des Etats membres" uniquement parce que certains exigeaient des informations supplémentaires sur les conséquences sociales de ce paquet, a dit M. Fischler. Il a ajouté qu'il avait consenti à réaliser ces analyses complémentaires pour "rendre les propositions plus défendables" (au moment de leur discussion au sein du collège: NDLR). "La substance (de ces propositions) doit être conservée", a-t-il déclaré.
Le ministre espagnol de l'Agriculture, Miguel Arias Canete, s'est expliqué avec moi au sujet de ses récentes déclarations à une télévision espagnole, selon lesquelles les Etats membres du groupe des "Amis de la Pêche" (Espagne, France, Italie, Portugal, Grèce et Irlande) ont tout fait pour retarder l'adoption des propositions de réforme, a indiqué M. Fischler. S'il s'avérait que des Etats membres ont donné des instructions (à leurs Commissaires), "il s'agirait d'un réel cas de violation du Traité et de nos règles", a-t-il souligné. L'article 213 du Traité stipule en effet que les membres de la Commission exercent leurs fonctions avec une indépendance absolue et dans l'intérêt général de la Communauté, qu'ils ne doivent ni solliciter, ni accepter des instructions d'aucun gouvernement ni d'aucun organisme, et que chaque Etat membre se doit de respecter ce principe et de ne pas essayer d'influencer les membres de la Commission dans l'exercice de leurs fonctions. M. Fischler a aussi fait remarquer que ce groupe des "Amis de la pêche" n'est pas aussi uni qu'il semble le dire puisque certaines demandes espagnoles ne sont pas acceptables par certains de ses membres. Le Commissaire a cité, comme exemple la volonté de l'Espagne "d'affaiblir le principe de stabilité relative", contrairement à d'autres pays comme l'Irlande et la France.
Le Commissaire Fischler a aussi signalé que le second paquet de propositions, prévu pour le mois de juillet, concernera essentiellement trois sujets: - la pêche méditerranéenne (« dont les activités sont traditionnelles, mais souvent mixtes », a-t-il commenté); - les accords internationaux; - le secteur de la transformation.