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Bulletin Quotidien Europe N° 8195
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

A propos du retour à l'équilibre budgétaire dans les Etats membres. Les problèmes du Pacte de stabilité et du calendrier pour le retour, dans tous les Etats membres, à l'équilibre des budgets nationaux (voir cette rubrique dans EUROPE d'hier) ont fait leur entrée impromptue dans la campagne électorale en France, lorsque le président Chirac a déclaré qu'il n'existait aucun engagement formel de la France à atteindre cet équilibre en 2004; ce sera plutôt un peu plus tard. C'était la preuve, s'il en fallait une, que les chefs de gouvernement ne lisent pas les "conclusions" des Sommets auxquels ils participent, car cet engagement figure en toutes lettres dans les conclusions de Barcelone: "les Etats membres resteront fidèles ou se conformeront à l'objectif à moyen terme consistant à parvenir, d'ici 2004 au plus tard, à une situation budgétaire proche de l'équilibre ou excédentaire".

Souscrire seulement les textes dont on a parlé. La responsabilité de cette anomalie bizarre n'incombe pas tellement aux participants aux Sommets, quant à ceux qui les préparent, qui ont tendance à inclure dans les "conclusions" un nombre incroyable de sujets dont la plupart n'a même pas été évoquée pendant les travaux. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que les chefs de gouvernement se rappellent des pages et des pages qu'ils ont souscrites? L'affaire s'est ensuite compliquée en France du fait qu'une note du ministère des Finances affirme qu'effectivement ce pays ne pourra vraisemblablement pas avoir un budget en équilibre en 2004, sauf si …de nouveaux impôts sont introduits. Or, aussi bien le Président Chirac que le Premier ministre Jospin promettent plutôt, dans leurs campagnes électorales, des réductions d'impôts.

Je ne suis pas enclin à dramatiser cette mésaventure électorale car le retour à des budgets nationaux excédentaires ou en équilibre dans tous les Etats membres représente un tournant tel, dans l'histoire économique de l'Europe, qu'une année plus tard ou une année plus tôt, ce n'est qu'une péripétie; l'essentiel, c'est que la route est tracée et que, à une année près, l'objectif demeure (même s'il est compréhensible que la Commission et les ministres des Finances défendent la rigueur, sans oublier que l'élément de souplesse figure aussi dans le texte de Barcelone, tout de suite après la phrase citée). Pas de drame, donc; mais si on me dit que cet incident de parcours doit convaincre les chefs de gouvernement de modérer le volume des "conclusions" des sommets et à n'y inclure que les sujets dont ils ont effectivement parlé, là, je ne pourrais qu'applaudir. (F.R.)

 

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