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Bulletin Quotidien Europe N° 8185
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Ariel Sharon a empêché la mission européenne de haut niveau de rencontrer Yasser Arafat

Bruxelles, 04/04/2002 (Agence Europe) - Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, n'a pas autorisé le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, Président du Conseil de l'UE, et le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, à rencontrer jeudi à Ramallah le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Le cabinet israélien a décidé de poursuivre l'offensive militaire et de maintenir Yasser Araft isolé dans son quartier général de Ramallah, a déclaré Ariel Sharon à la presse, alors que la délégation européenne venait d'arriver à Tel-Aviv. "La décision est qu'Arafat restera là où il est et qu'il sera isolé", a précisé M. Sharon. "Nous voulons que la délégation européenne rencontre Arafat. Si, pour une raison quelconque, la délégation européenne ne rencontrait pas le président, aucun officiel palestinien ne les rencontrera", avait averti le négociateur palestinien, Saeb Erekat. Josep Piqué et Javier Solana devaient en revanche rencontrer dans l'après-midi les ministres israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, et de la Défense, Binyamin Ben Eliezer.

La délégation européenne avait été chargée par le Conseil extraordinaire des ministres des Affaires étrangères, réuni mercredi soir à Luxembourg, d'appeler les Israéliens et les Palestiniens à appliquer la résolution 1402 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 30 mars dernier. "Nous allons insister auprès des parties concernées sur la nécessité d'appliquer immédiatement la résolution du Conseil de sécurité (…) et de faire prévaloir un cessez-le-feu immédiat", avait déclaré avant son départ, Josep Piqué. "Les Quinze sont d'accord sur le fait que de nouvelles initiatives politiques ne sont pas nécessaires, car il y a suffisamment de plan sur la table, notamment la décision de la Ligue Arabe à propos du plan de paix saoudien et les résolutions 1397 et 1402 de l'ONU", a-t-il précisé. "L'Union européenne déploie tous les efforts possibles pour trouver une solution ; la situation serait sans issue si elle se maintient dans cette direction", a déclaré de Madrid le Premier ministre espagnol, José-Maria Aznar, qui s'était dit prêt à se rendre sur place s'il était autorisé à rencontrer Yasser Arafat.

Alors que le Président américain George W. Bush devait faire jeudi soir une déclaration sur la situation au Proche-Orient, les Européens accentuaient leur pression pour que les Etats-Unis s'engagent politiquement dans la région. "Une solution n'est pas possible sans les Etats-Unis. Ils ne peuvent pas résoudre le problème seuls, mais nous avons besoin d'eux", a déclaré le président du Conseil, Josep Piqué. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, devrait se faire le porte-parole des préoccupations européennes, lors de sa rencontre ce week-end avec le président américain, George W. Bush. "La situation est absolument explosive (….) Nous avons besoin d'une tierce partie pour rapprocher les deux côtés et faire avancer le dialogue politique. Nous avons besoin d'une force extérieure et nous voulons que les Etats-Unis jouent ce rôle", a déclaré jeudi le porte-parole de Tony Blair. "Il est maintenant vital" que les Etats-Unis et l'Union européenne travaillent de concert pour tenter de résoudre la crise, "nous ne pouvons pas résoudre les problèmes en restant simplement silencieux", a déclaré à la BBC le ministre britannique aux Affaires européennes, Peter Hain. "Il s'agit du conflit le plus dangereux dans le monde et il pourrait gagner toute la région, avec de sérieuses conséquences pour l'ensemble de la communauté internationale", a-t-il commenté.

Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a indiqué qu'il n'écartait pas la possibilité de rencontrer les responsables israéliens ou arabes lors de sa tournée européenne la semaine prochaine. "La composante politique du processus doit avancer plus rapidement que nous ne l'avions pensé", a-t-il déclaré mercredi soir à CBS. Le porte-parole de George W. Bush a indiqué de son côté que le président américain "pense qu'il est plus facile d'aborder le processus politique une fois qu'un cessez-le-feu sera en vigueur (…), mais il a toujours été ouvert à tout ce qui pourrait permettre un dialogue constructif".

Le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, a souhaité qu'un consensus puisse se dégager lors de la rencontre quadrilatérale, le 10 mai à Madrid entre le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et le président en exercice du Conseil, Josep Piqué.

Pour l'heure, les Quinze n'ont pas soutenu formellement les propositions françaises d'envoyer sur place une force d'interposition, ni pris position pour une suspension de l'accord d'association entre l'UE et Israël. La question pourrait toutefois être examinée si la délégation européenne ne pouvait pas rencontrer Yasser Arafat, a déclaré mercredi Josep Piqué, selon des citations reprises par l'agence Reuter. Les Européens devraient aussi soutenir l'initiative de Mary Robinson pour l'envoi sur place d'une délégation de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, a indiqué le ministre français Hubert Védrine.

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