Bruxelles, 04/04/2002 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi, de maintenir inchangés ses principaux taux directeurs. Le taux de soumission minimal appliqué aux principales opérations de refinancement reste à 3,25%, un niveau qu'il avait atteint en novembre dernier. Le taux de la facilité de prêt marginal est maintenu à 4,25% et celui de la facilité de dépôt à 2,25%. Tout en se montrant préoccupée par la hausse du prix du pétrole, la BCE a estimé que le niveau actuel des taux d'intérêt clé de la BCE « reste approprié » pour assurer la stabilité des prix à moyen terme.
Lors d'une conférence de presse, le Président de la BCE, Wim Duisenberg, a confirmé le début de la reprise de l'activité économique en Europe, tout en reconnaissant qu'il était impossible pour le moment d'en mesurer l'ampleur, notamment dans le contexte actuel d'augmentation des prix du baril de pétrole. « Si la récente hausse des cours pétroliers, qui a été sensible, persistait, voire se développait, il y aurait évidemment des risques pour l'évolution à la fois de la production et de l'inflation », a-t-il déclaré. M. Duisenberg a commenté surtout les effets de cette remontée des prix du pétrole sur le niveau d'inflation, en estimant que la chute de l'inflation pourrait être moins prononcée que ce qui était initialement prévu: les premières estimations pour le mois de mars « donnent un chiffre de 2,5% », a-t-il précisé. Et il a ajouté, avec confiance, que la BCE continuait de penser que l'inflation sera « proche ou en dessous de 2% en fin d'année ». (De son côté, le ministre français de l'Economie et des Finances, Laurent Fabius, a estimé le même jour qu'un baril de brut à 30 dollars pourrait freiner la reprise économique mondiale). Et M. Duisenberg d'appeler une nouvelle fois les pays de la zone euro à faire preuve de modération salariale, afin de « maîtriser les risques pour la stabilité des prix et d'encourager la croissance de l'emploi ».
M. Duisenberg a rappelé, par ailleurs, que les politiques budgétaires des pays de la zone euro « peuvent elles aussi contribuer à maintenir des perspectives favorables de croissance non inflationniste ». « Il est essentiel que les engagements pris en vue de parvenir à des budgets équilibrés d'ici 2003 ou 2004 soient strictement respectés dans les Etats membres », a-t-il répété. Il a recommandé aussi aux Etats membres de profiter du contexte de reprise économique pour réaliser les réformes structurelles nécessaires en matière de « dépenses publiques, revenu de l'Etat, marchés financiers, produits et travail », un objectif que les chefs d'Etat et de gouvernement ont confirmé à Barcelone, a-t-il rappelé. Par ailleurs, le Président de la BCE a noté que la croissance de la masse monétaire M3 (un des principaux indicateurs de l'inflation) a été légèrement moins forte en février (7,8 % de décembre 2001 à février 2002, contre 8% lors de la période novembre 2001 à janvier 2002), mais que « la persistance d'un excès de liquidité dans l'économie pourrait devenir un élément d'inquiétude dans le contexte de reprise » de l'activité économique au sein de la zone euro. M. Duisenberg a précisé une nouvelle fois que la forte progression de l'agrégat monétaire était toujours due à l'accumulation de liquidités à l'automne 2001 après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.