Bruxelles, 14/03/2002 (Agence Europe) - En adoptant (codécision, 2ème lecture) le rapport de Helle Thorning-Schmidt (PPE-DE) sur la position commune du Conseil adoptée le 29 novembre 2001 concernant la directive sur la protection des travailleurs exposés aux agents physiques (bruit), le Parlement européen a renforcé la position commune du Conseil en: - supprimant le niveau d'exposition hebdomadaire au bruit; - modifiant les valeurs d'exposition supérieures déclenchant l'action à savoir: 83dB(A), contre 85dB(A) dans la position commune, et 112 Pa2 , contre 200 Pa2; - demandant à la Commission, sur base du rapport qu'elle présentera au Conseil et au Parlement sur les implications de la directive pour les secteurs de la musique et du divertissement, de soumettre une proposition visant soit à exclure ces secteurs du champ d'application de la directive, soit à les réglementer par des moyens différents.
Les effets néfastes du bruit sont reconnus par tous, mais certains, comme le rapporteur, la sociale-démocrate danoise Helle Thorning-Schmidt, voudraient insister sur la prévention, alors que d'autres ne souhaitent pas aller aussi loin. Une des questions les plus controversées, celle des activités dans le secteur de la musique et du divertissement, a été résolue par un compromis, qui revient à exclure pendant cinq ans ce secteur de l'application de la directive. Soutenu par le rapporteur, par Bartho Pronk pour le PPE/DE, et par Elizabeth Lynne pour le groupe libéral, cet amendement suscite cependant la « ferme opposition » de la Commission européenne . C'est Anna Diamantopoulou qui l'a affirmé, en rappelant que ce secteur concerne de 3 à 5 millions de travailleurs dans l'Union. Quant aux compensations pour la perte de l'ouïe, selon une étude faite dans cinq pays (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal), elles représentent 96 milliards par an. Mme Diamantopoulou a annoncé que la Commission va élaborer deux autres directives, sur les champs électroniques et les rayonnements lumineux. En appuyant la position du rapporteur, le travailliste britannique Stephen Hughes a puisé dans son expérience personnelle: « mon père », a-t-il dit, « ne peut parler avec mon enfant suite à une perte d'ouïe à l'usine ».