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Bulletin Quotidien Europe N° 8171
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

Le Sommet de Barcelone relancera, sans résultats spectaculaires, le programme de Lisbonne sur la voie de l'Europe efficace et compétitive

Ce que le citoyen demande. Les perspectives pour le Sommet de Barcelone paraissent maintenant favorables. La possibilité de relancer et de revitaliser le processus de Lisbonne en respectant l'équilibre entre l'ouverture des marchés et l'affirmation du modèle européen de société (voir cette rubrique du 8 mars) sont réelles. Certes, ce ne sera pas ce qu'on appelle un "succès populaire". Un calendrier pour la libéralisation du marché de l'électricité et de nouveaux progrès vers le marché financier unifié ne vont pas monopoliser les premières pages des journaux. La déclaration sur la situation au Proche-Orient ou toute autre déclaration de politique étrangère leur volera facilement la vedette. Et pourtant, ce sont ces résultats qui peuvent nous rapprocher de ce que les citoyens demandent: davantage d'emplois et une meilleure croissance.

Le président du Conseil Economie/Finances, Rodrigo Rato, en a expliqué les raisons. L'euro est maintenant là, avec tous les avantages qu'il implique; le calendrier pour rétablir l'équilibre des finances publiques existe; la coordination des politiques économiques progresse mais ne s'improvise pas. Les exigences immédiates concernent donc les réformes structurelles, qui ont progressé mais accusent des retards, et qui seules peuvent garantir la croissance à long terme qui à son tour rendra possibles la création d'emplois et les autres objectifs de Lisbonne. Et Rodrigo Rato a ainsi résumé les objectifs de Barcelone: calendriers et engagements fermes pour l'ouverture des marchés de l'énergie, des transports et des télécommunications; progrès dans la réforme des marchés de l'emploi afin que "le travail apparaisse aux citoyens préférable à l'assistance et à la retraite"; confirmation du calendrier pour l'intégration des marchés financiers.

Les marchés nous puniraient le jour suivant. Le président de la Commission Romano Prodi a partagé, avec quelques compléments, cette analyse en soulignant que le Conseil européen de Barcelone doit se concentrer sur un nombre limité de domaines prioritaires. En fait, de nombreux aspects de la stratégie de Lisbonne seront évoqués à Barcelone, et la lettre de M.Prodi (reproduite dans le n.2271 de notre série EUROPE/Documents) fournit beaucoup de détails; mais l'efficacité impose de ne pas mélanger la longue liste d'affirmations de principe que nous allons trouver dans les "conclusions" du Sommet (le texte est presque prêt) avec les quelques décisions opérationnelles attendues. Selon la vice-présidente de la Commission Mme Loyola de Palacio, "le Sommet de Barcelone sera un succès s'il parvient à un compromis opérationnel sur l'électricité et le gaz". Sa synthèse est excessive, mais il est certain que, dans l'avalanche de textes qui sortiront du Sommet, peu nombreuses seront les phrases qui comptent. Sur le point spécifique qui la préoccupe en tant que responsable du secteur de l'énergie, Mme Loyola de Palacio se veut optimiste: "rien n'est fait tant qu'on ne le fait pas, mais je crois que la perspective de résultats positifs existe". Et elle a ajouté: "nous ne pouvons pas nous permettre un échec à Barcelone; le jour suivant, les marchés nous puniraient".

Un double équilibre à trouver. Où sont alors les problèmes? Dans le double équilibre à trouver:

- dans un aspect spécifique, celui des obligations de qualité pour les services publics. La Commission fait valoir que ses propositions relatives au marché intérieur de l'électricité prennent en compte la dimension "service public" davantage que n'importe quel autre texte législatif communautaire. Des dispositions spécifiques visent: la protection des droits des consommateurs en général, la protection spécifique des consommateurs vulnérables, l'obligation de fourniture à des prix raisonnables mêmes dans les régions périphériques, en plus de la protection de l'environnement et de la capacité d'interconnexion. Selon certains Etats membres, la Commission est même allée trop loin. Mais la France souhaite une directive cadre introduisant les mêmes principes pour tous les services publics d'intérêt général, et la CES (Confédération européenne des syndicats) est d'accord, Emilio Gabaglio l'a explicitement déclaré la semaine dernière (voir notre bulletin du 6 mars p.17). En revanche, les pays nordiques s'interrogent encore sur la réelle volonté d'ouverture de la France, le Premier ministre suédois Göran Persson ne l'a pas caché (voir notre bulletin du 7 mars page 15) et le débat du Parlement européen a prouvé l'ampleur des divergences qui subsistent;

- sur le plan général de la politique de l'emploi et des garanties sociales qui doivent accompagner l'ouverture des marchés. Emilio Gabaglio a déclaré qu'il pense "tout le mal possible" du document commun Blair-Berlusconi sur la flexibilité du marché du travail et que même l'attitude de la Commission lui paraît parfois contradictoire (voir le bulletin déjà cité). Le secrétaire général de l'Unice (employeurs) Philippe de Buck estime en revanche que la relance du programme de Lisbonne doit aller encore plus loin.

Il serait incompréhensible que les chefs de gouvernement ne parviennent pas à définir les formules qui respectent l'équilibre inscrit dans le programme de Lisbonne et permettent de reprendre la marche vers l'Objectif 2010 et ses compléments, dont - essentiel! - le développement durable. (F.R.)

 

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