Bruxelles, 08/03/2002 (Agence Europe) - Dans une lettre adressée au ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, et au ministre de la Justice, Marc Verwilghen, Human Rights Watch salue « l'engagement de la Belgique en faveur de la justice internationale » et prie le gouvernement belge de « ne pas faiblir dans le juste combat que vous menez ». « Votre pays a joué un rôle de pionnier », poursuit la lettre qui évoque en particulier la loi belge de compétence universelle qui permet de poursuivre en Belgique les auteurs de crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité quels que soient les lieux du crime, la nationalité ou le lieu de résidence des suspects ou des victimes. Cette lettre intervient juste après un arrêt de la Cour internationale de justice qui conteste l'émission d'un mandat d'arrêt contre un ministre des Affaires étrangères en exercice (voir EUROPE d'hier, p. 7) et s'inscrit dans le contexte d'un déplacement du juge d'instruction Daniel Fransen et du procureur Philippe Meire au Tchad, du 26 février au 7 mars, pour enquêter sur les crimes commis sous le régime d'Hissène Habré dans le cadre d'une commission rogatoire internationale. En février 2000, M. Habré, exilé à Dakar, avait été inculpé pour torture et crimes contre l'humanité, et assigné à résidence par un tribunal sénégalais. Cependant, en mars 2001, la Cour de cassation du Sénégal avait constaté que ce pays ne disposait pas d'un instrument juridique permettant la poursuite de l'action pénale. Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, a récemment souscrit à la demande du Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, de garder M. Habré au Sénégal en attendant la demande d'extradition d'un pays tel que la Belgique, qui serait capable d'organiser un procès équitable.