Bruxelles, 08/03/2002 (Agence Europe) - "Le gouvernement des Etats-Unis ne voit aucune nécessité irréfutable dans le projet Galileo, puisque le GPS répond aux besoins des utilisateurs dans le monde entier", a déclaré le bureau du porte-parole du Département d'Etat américain en adressant de nouvelles critiques au projet européen de navigation par satellite. Alors que la Commission européenne a repris espoir de voir le projet Galileo aboutir depuis que l'Allemagne a abandonné ses réticences, ce communiqué publié jeudi vient rappeler que les Etats-Unis, détenteurs d'un quasi-monopole avec leur système GPS, voient ce projet d'un très mauvais œil. Rappelons que l'objectif européen est que le système Galileo (un thème qui sera évoqué à Barcelone) soit opérationnel en 2008. "Si l'Europe devait décider de poursuivre le projet Galileo, les Etats-Unis souhaiteraient une coopération qui garantisse que Galileo soit interopérable avec le GPS et bénéficie aux utilisateurs des deux côtés de l'Atlantique", affirme le Département d'Etat. Le communiqué souligne les inquiétudes américaines à ce sujet, précisant que les contacts noués jusqu'à présent ne permettent pas vraiment de savoir s'il existe "une base solide pour une coopération". Les Etats-Unis se disent inquiets du risque que Galileo vienne brouiller les signaux GPS. La dernière réunion technique entre experts américains et européens s'était tenue en octobre 2001.
La Commission européenne a répondu sèchement, par la voix de son propre porte-parole, "qu'il appartient aux Européens" de se prononcer sur l'utilité de Galileo. L'UE est déterminée à mener ce projet à bien, a-t-il ajouté. La Commission assure qu'elle est tout à fait prête à coopérer et qu'elle a fait parvenir aux Etats-Unis toutes les informations nécessaires sur les caractéristiques techniques du projet il y a plusieurs mois, sans réponse. "Nous avons toujours dit que l'interopérabilité était notre priorité", déclare le porte-parole de la Commissaire aux transports, Loyola de Palacio. Il n'y a aucun risque que les signaux de Galileo "dégradent" ceux du GPS, ajoute-t-il. La Commission réfute aussi l'argumentaire américain en faveur du GPS. Alors que les Etats-Unis assurent que leurs signaux sont d'une très grande qualité et vont être encore améliorés, la Commission déclare que cette qualité restera inférieure à celle de Galileo au moment où il sera lancé. Les Etats-Unis écrivent qu'ils n'ont jamais fait usage du droit qu'ils se réservent d'interrompre les signaux pendant un conflit. La Commission assure que cela a été fait pendant la guerre du Golfe.
Depuis que l'Allemagne a levé ses réserves (EUROPE du 28 février, p. 10), la Commission et les pays favorables au projet espèrent qu'il pourra être définitivement lancé au Conseil Transports du 26 mars. La majorité qualifiée requise est réunie, assurent-ils. Si le Royaume-Uni et les Pays-Bas levaient eux aussi leurs oppositions entre-temps, le Sommet de Barcelone pourrait déjà constater l'accord, mais on n'en est pas encore là. (Le Sénat belge accueille le 12 mars un séminaire consacré à "Galileo", en présence du directeur de l'Agence spatiale européenne et d'industriels et parlementaires de l'UE. Tél. +32.2.501.73.37).