Bruxelles/Londres, 04/03/2002 (Agence Europe) - Le ministère de la Défense britannique a minimisé les divergences entre les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'UE à propos d'une intervention militaire européenne en Macédoine. L'Espagne, avec le soutien de la France et de l'Italie, avait proposé que la force d'intervention rapide de l'UE prenne le relais de la mission de maintien de la paix Amber Fox de l'OTAN en Macédoine, dont le mandat vient d'être prolongé pour trois mois, renouvelables. Selon des documents dévoilés par le Sunday Telegraph, le ministère britannique de la Défense estime que la force européenne, qui devrait être pleinement opérationnelle en 2003, n'est pas suffisamment prête pour une opération de cette amplitude. "Ce serait un vrai risque que la mission de l'Union européenne s'achève par un échec et soit sauvée par un réengagement de l'OTAN: ce serait désastreux en termes d'image", écrit le ministère dirigé par Geoff Hoon. Le Foreign Office remarque de son côté que "la pression européenne s'accroît pour prendre le relais de l'opération de l'OTAN en Macédoine (…). Il existe de solides arguments contre, et nous devrions chercher à obtenir du soutien pour la poursuite de la mission de l'OTAN, du moins pour l'instant". Cependant, précise la lettre du ministère de Jack Straw, "si nous devons apparaître comme isolés, il vaut mieux accepter la mission européenne et chercher à la modeler en fonction de nos spécifications." Le porte-parole du ministère de la Défense a toutefois minimisé la portée de cet échange, en déclarant à l'agence Reuter que le "désaccord actuel est plutôt théorique", puisque la mission de l'OTAN a été prolongée jusqu'au 26 juin. Le projet d'intervention européenne avait été accueilli avec prudence par les Etats membres lors du Conseil informel de Caceres (voir EUROPE du 9 février, p. 5 et du 11 et 12 février, p.5). Les Britanniques avaient insisté notamment pour qu'une telle opération n'affecte pas les compétences de l'Alliance Atlantique.