Bruxelles, 01/02/2002 (Agence Europe) - Alors que la campagne électorale pour les élections présidentielles des 9 et 10 mars a officiellement débuté au Zimbabwe, l'UE se prépare activement à parer à toutes les éventualités envisagées par ses ministres des Affaires étrangères, désireux d'élections libres, transparentes et démocratiques, et déterminés à imposer des sanctions ciblées au régime Mugabe si quatre conditions ne sont pas remplies (voir EUROPE des 28 & 29 janvier, p.4). Sachant que le Conseil a fait du 3 février la date officielle pour le début de la mission de ses observateurs (la première de ces conditions est que le Zimbabwe n'empêche pas leur déploiement), l'Union est consciente que le temps pour ces préparatifs est compté. Au sein du Conseil, les instances compétentes (experts du groupe de travail ACP) ont considéré que même si les invitations formelles n'avaient pas encore été reçues, les observateurs européens étaient implicitement invités, conformément aux assurances du ministre zimbabwéen des Affaires étrangères Mudenge. Ainsi, à la demande des Etats membres, la Commission prépare, d'un côté, les démarches indispensables au déploiement des observateurs et, de l'autre, les textes nécessaires à la mise en oeuvre d'éventuelles sanctions ciblées, qu'elles soient prises au titre de l'accord de Cotonou (clôture formelle des consultations au titre de l'article 96 de l'Accord, suivie de la suspension partielle de la coopération, décidée à la majorité qualifiée) ou de la Pesc ("sanctions intelligentes" proposées à l'initiative d'un Etat membre et décidées à l'unanimité sur une position commune). Ces textes seront prêts mardi prochain.
Selon le porte- parole du Commissaire, Chris Patten, le déploiement des observateurs sera graduel, et débutera par une petite équipe de six personnes qui serait sur place dans les prochains jours, pour être progressivement étoffée et compter quelque 150 personnes le jour des élections. Aucune indication n'a filtré sur la nationalité de ces observateurs, mais il est acquis qu'aucun d'entre eux ne sera Britannique, les autorités du Zimbabwe l'ayant exclu. " C'est regrettable, mais ce n'est pas la question essentielle", a commenté le porte-parole. Selon une source proche du Conseil, les autorités du Zimbabwe se seraient dites prêtes à rencontrer les ambassadeurs de la troïka de l'Union à Harare, le 4 février. L'Union serait disposée à cette rencontre à condition qu'elle ne soit pas différée. Quoi qu'il advienne, la décision du Conseil sur la nature des sanctions éventuelles serait prise le 6 février par le Coreper.