Madrid, 01/02/2002 (Agence Europe) - Ce qui est convenu est convenu: la Présidence espagnole refuse de mélanger les discussions sur le financement de l'élargissement et sur la réforme de la PAC, a insisté jeudi devant un groupe de journalistes venant de Bruxelles le Président du Conseil de l'UE, le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Piqué, en répondant à des questions sur le souhait des Pays-Bas d'obtenir un engagement, dans les conclusions d'un Sommet de l'UE avant la fin de l'année, au sujet du démantèlement des aides directes à l'agriculture. Josep Piqué a répété que « nous avons l'engagement de clôturer les négociations à la fin de l'année avec 10 pays en respectant l'acquis communautaire et les perspectives financières fixées à Berlin (…). La révision des perspectives après 2006 sera discutée en temps et en heure». « Je respecte la position de tous les Etats membres », a-t-il poursuivi, « mais le gouvernement néerlandais doit, comme tous les Etats membres, respecter ce qui a été convenu lors du Sommet de Laeken ». Il ne doit pas y avoir « d'interférence » entre la définition de la position commune de l'UE sur les négociations avec les pays candidats sur la politique agricole et la politique régionale et la révision à mi-parcours de la politique agricole qui commencera en juin, a-t-il insisté. Le Premier ministre espagnol, José-Maria Aznar, avait abondé auparavant dans ce sens, en soulignant que « nous avons pris l'engagement de prendre une décision (sur l'élargissement) avant la fin de l'année (…). Ceci me paraît possible si l'on ne prétend pas prendre en même temps les décisions sur l'élargissement et celles qui affecteront les politiques agricole et régionale » (voir EUROPE d'hier p.7). Josep Piqué s'est voulu optimiste sur la réalisation de cet objectif, même si « le calendrier électoral dans certains pays peut affecter les discussions », a-t-il reconnu, en évoquant implicitement les élections françaises et allemandes.
Assurant que l'Espagne ne compte pas profiter de sa présidence pour défendre ses intérêts, les diplomates espagnols se refusent pour l'heure à commenter l'effet statistique de l'élargissement, qui priverait des fonds structurels de nombreuses régions espagnoles. L'Espagne avait pourtant ouvert la boîte de Pandore en plaçant cet argument au centre du débat de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères Gymnich, les 5 et 6 mai 2001 à Nyköping. « Nous espérons ne plus avoir besoin de ces fonds, puisque cela signifierait que nous avons atteint les objectifs (en terme de richesse). Mais, même si nous avons parcouru un long chemin, il reste encore beaucoup à faire », s'est borné à déclarer Josep Piqué. « Nous ne sommes pas intéressés à recevoir des fonds pour toujours, mais à devenir plus prospères », a-t-il ajouté.