Bruxelles, 29/01/2002 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, pouvait se déclarer satisfait, à l'issue du Conseil Affaires générales de lundi qui lui a donné satisfaction sur la nomination de Gianfranco Fini comme représentant du gouvernement italien au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe, en plus du vice-président de la Convention, Giuliano Amato (voir EUROPE d'hier p. 3). Le Conseil est finalement "arrivé à cette solution qui était l'unique possible", a déclaré Silvio Berlusconi, en s'exprimant pendant quelques minutes, dans la soirée, devant une armée de journalistes venus spécialement des capitales pour suivre la première intervention du "Cavaliere" en tant que ministre italien des Affaires étrangères par interim. La discussion "s'est terminée comme elle devait se terminer (…). C'était un état de fait qui ne pouvait être contredit", a-t-il assuré, en ajoutant que Gianfranco Fini et Giuliano Amato "sont deux personnalités avec de fortes convictions européistes qui travailleront bien au sein de la Convention".
Le ministre néerlandais, Jozias Van Aartsen, qui avait le plus de réticences à l'idée que l'Italie et la Belgique aient de facto deux représentants à la Convention (les vice-présidents Giuliano Amato et Jean-Luc Dehaene et les représentants de leurs gouvernements), a tenu a rappeler que les décisions finales seront prises par les représentants des Quinze à la CIG. Le Belge Louis Michel a convenu pour sa part que le président d'Alleanza Nazionale est "revenu de beaucoup de ses opinions répréhensibles". "M. Fini n'est ni Umberto Bossi, ni Jörg Haider. C'est un homme de la droite dure. Il est revenu sur beaucoup de ses déclaration faites il y a des années. Je pense que nous devons prendre cela en compte", a déclaré Louis Michel sur les ondes de la RTBF. Le ministre français, Hubert Vedrine, a indiqué quant à lui qu'il avait interprété le texte de Laeken dans le même sens que l'Italie - à savoir que le gouvernement italien avait droit à un représentant en plus du vice-président - en précisant qu'il "n'y a pas de commentaire à faire sur la personnalité des gens nommés par les gouvernements".
L'Italie n'a pas reçu en revanche de certitudes sur la possibilité d'achever fin 2003, sous présidence italienne du Conseil, les travaux de la Conférence intergouvernementale qui prendra le relais de la Convention. La question a été évoquée lors d'entretiens bilatéraux entre Silvio Berlusconi et le Président du Conseil, Josep Piqué. "Je n'ai pas de doute sur le fait que la CIG se déroulera pendant la Présidence italienne, car aller au-delà de 2003 signifierait superposer l'élargissement, la nomination de la nouvelle Commission et les élections européennes", a déclaré Silvio Berlusconi, en remarquant que "l'entrée de nouveaux pays sans que soit donnée une forme définie à la future Europe, signifierait qu'il faudra tout recommencer, et ce serait difficile à 25". Josep Piqué a refusé de s'engager à propos de cette revendication qui avait déjà été présentée par l'Italie lors du Sommet de Laeken. "La date de juin 2004 a été fixée lors du Sommet de Nice", a rappelé le ministre espagnol devant la presse, tout en concédant que cette échéance "n'a pas été reformulée à Laeken. La date qui a été définie à l'unanimité peut être modifiée à l'unanimité". Rappelons que les 109 membres de la Convention inaugureront leurs travaux le 28 février et présenteront dans 10 mois des "options" et recommandations à la CIG.