Bruxelles, 29/01/2002 (Agence Europe) - L'Union européenne a exprimé l'espoir que la coopération renforcée, qui s'est établie entre l'Ouzbékistan et la communauté internationale (y compris l'UE) après les attentats du 11 septembre et grâce à l'aide apportée par ce pays dans le cadre de l'intervention militaire et humanitaire en Afghanistan, puisse être développée en une large coopération régionale impliquant un maximum de pays de l'Asie centrale. "L'UE se félicite de l'implication active de l'Ouzbékistan dans la coalition internationale contre le terrorisme. Cette coalition se concentre désormais sur le développement, ce qui devrait notamment mener à une coopération accrue entre les pays d'Asie centrale", est-il stipulé dans les conclusions adoptées à l'issue de la troisième réunion du Conseil de coopération UE/Ouzbékistan qui s'est tenue mardi à Bruxelles. "La situation en et autour de l'Afghanistan offre l'opportunité pour une coopération renouvelée avec l'Ouzbékistan et l'Asie centrale à travers l'éradication de facteurs significatifs qui pourraient contribuer à l'augmentation du terrorisme, ainsi que par le biais de la promotion du développement durable", précisent les conclusions approuvées, du côté de l'UE, par le ministre espagnol des Affaires étrangères (et actuel président du Conseil des ministres) Josep Piqué et par Catherine Day (directeur général adjoint de la Commission européenne) ainsi que, du côté ouzbek, par le ministre des Affaires étrangères, Abdulaziz Kamilov.
"Surtout depuis les événements du 11 septembre, nous sommes tous devenus plus conscients de l'importance stratégique de la région [d'Asie centrale]. L'UE a déjà soutenu des efforts de coopération régionale dans le passé et elle continuera à le faire demain" avec encore plus de détermination, a souligné M.Piqué devant la presse. "Le contexte des relations entre l'UE et l'Ouzbékistan a changé depuis le 11 septembre", a aussi souligné Mme Day. "Tout le monde est en train de revoir sa stratégie [à l'égard de l'Ouzbékistan et de la région d'Asie centrale]. L'Union européenne aussi", a-t-elle dit. Plusieurs secteurs se prêtent particulièrement pour une coopération régionale accrue en Asie centrale, a dit Mme Day: lutte contre la production et le trafic de drogues, infrastructures énergétiques et de transport, renforcement des contrôles aux frontières, etc.. Dans le volet "dialogue politique", l'UE a notamment insisté mardi pour que l'Ouzbékistan continue à faire des progrès en matière de démocratisation et d'Etat de droit, de respect des droits de l'Homme et de la liberté de presse, ainsi que de mise en place d'une véritable économie de marché. "Tout ceci est une condition préalable pour assurer la stabilité et la prospérité du pays, de la région et de nous tous", a dit M.Piqué. Sur le plan économique, l'UE a notamment demandé aux autorités ouzbeks d'améliorer les conditions d'investissement pour les entreprises et investisseurs européens et de poursuivre la libéralisation de l'économie et du commerce. Un accord sur le commerce de produits nucléaires (non militaires) a été paraphé mardi en marge du Conseil de coopération.
Actuellement, les relations bilatérales UE/Ouzbékistan sont régies par l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC); la délégation ouzbek a suggéré mardi d'aller au-delà de cet accord et d'examiner d'autres "voies et moyens" pour intensifier les relations.