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Bulletin Quotidien Europe N° 8130
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/euro

M.Solbes invite à investir dans la coordination des politiques économiques la même énergie et la même ambition qui ont permis de créer l'euro

Strasbourg, 16/01/2002 (Agence Europe) - « Presque dix ans après la signature du Traité de Maastricht, l'euro est dans nos portefeuilles et dans le coeur de nos citoyens », qui l'ont accueilli avec « enthousiasme et responsabilité » , et la « réalité physique de l'euro nous offre la chance de réaliser de nouvelles avancées dans le processus d'intégration européenne ». C'était là le message positif adressé mercredi après-midi aux députés européens par le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, qui, comme il l'a régulièrement fait depuis le passage à l'euro, a fait brièvement le point sur la situation, en indiquant en particulier que: - « à ce jour, on peut dire qu'au moins neuf paiements sur dix se font déjà en euros » ; - malgré quelques « épisodes isolés », il n'y a pas eu de hausses systématiques des prix (dans certains cas, il y a même eu des « ajustements à la baisse ». Le succès de l'introduction de l'euro est « la conclusion d'un chapitre, mais pas la fin de l'ouvrage », et il faut en cueillir les fruits en « renforçant et approfondissant la coordination des politiques économiques et en réalisant les réformes structurelles nécessaires pour accroître la croissance et l'emploi en Europe », a estimé M. Solbes. Selon lui, cette coordination des politiques économiques devrait se renforcer notamment grâce à: - « une analyse de la situation économique et le policy mix à partir d'une claire perspective de la zone euro, avec des instruments statistiques qu'on est en train d'améliorer » ; - « une plus grande ouverture dans l'élaboration du consensus sur les politiques appropriées; - « la mise à disposition des autres Etats membres et de la Commission des informations sur les principales mesures de politique économique que chaque pays adoptera dans un proche avenir », afin de bénéficier des opinions des autres Etats membres grâce à un processus de « peer review ».

Au cours du débat, le démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau, qui a annoncé qu'il quittait la commission économique et monétaire après ving-deux ans pour devenir membre de la commission des Affaires étrangères, a insisté sur le respect du Pacte de stabilité (c'est ironique que justement mon pays, principal promoteur du Pacte, ait maintenant des hésitations à ce sujet, a-t-il remarqué) et sur la nécessité que l'Union monétaire soit suivie par l'union politique. La sociale-démocrate allemande Christa Randzio-Plath, que le Président Cox a appelée « une des mères de l'euro », a estimé que l'euro est aussi un succès du Parlement européen (« il a été le premier choix » du Parlement, qui s'est prononcé depuis vingt ans pour « un marché et une monnaie », a-t-elle rappelé) et a salué le rôle joué en sa faveur par M.von Wogau. L'euro sera un succès parce qu'il est accepté non seulement par les marchés, mais aussi par les citoyens, a-t-elle estimé, en ajoutant que « le DM était une monnaie avec un fier passé », mais que trois ans d'Union monétaire promettent aussi un avenir stable avec la monnaie européenne. Mme Randzio-Plath a par ailleurs demandé au Sommet de Barcelone de «échanger la dogmatique du Pacte de stabilité et de croissance contre une politique solide visant la stabilité monétaire, mais aussi sociale » .

Les commerçants ont été les vrais « héros » de cette opération, selon le libéral néerlandais Jules Maaten: maintenant il faut bâtir sur la base de ce succès initial. Ce succès symbolique ne devrait pas avoir un effet immédiat sur l'économie, selon l'élu italien des Democratici di sinistra Giorgio Ruffolo, mais il devrait permettre une nouvelle stabilité et aider l'Europe à « décrocher son économie du cycle américain ». Pour Benedetto Della Vedova (Lista Bonino), l'euro sera fort si l'économie de l'Europe sera forte: à son avis, plus que la coordination des politiques économiques, c'est l'existence de bonnes politiques économiques qui compte. « Une monnaie sans Etat pose des problèmes »,estime au contraire William Abitbol (Europe des démocraties et des différences), qui se demande en particulier qui va indemniser les éventuelles victimes de faux-monnayeurs. L'opération a été bien préparée, admet Georges Berthu (Mouvement pour la France), mais le véritable test sera la gestion de l'euro dans les années à venir. Le conservateur eurosceptique Charles Tannock a avoué être assez surpris du bon démarrage de l'euro, qui représente un progrès vers l'intégration qu'il ne souhaite évidemment pas. Si le Royaume-Uni décidait d'entrer dans la zone euro, devra-t-il attendre deux ans (la période requise d'appartenance au mécanisme européen de change: NDLR) ?, a demandé M. Tannock. M.Solbes a répondu sans ambiguïté: « les conditions d'adhésion pour les pays pré-in sont les mêmes que pour les autres, ni plus ni moins » , le traitement égal pour tous restant le principe fondamental. Plus radical, le verdict de l'élu du Front National Carl Lang: l'opération euro n'a pas vraiment marché comme prévu, et il faut affirmer « le droit des peuples à rétablir, demain, leur monnaie nationale ».

Un des éléments fondamentaux du succès de l'euro sera la mise en oeuvre du processus de Lisbonne et le maintien d'une inflation faible, a conclu M.Solbes. Est-ce le début du « gouvernement économique » européen ou d'une inévitable évolution vers une plus grande intégration politique ? Ca, c'est un autre débat, a estimé M. Solbes, pour qui coordination des politiques économiques ne signifie pas l'unification. Le Commissaire, en répondant aux inquiétudes de certains, a affirmé également que l'euro offre de grandes garanties de sécurité face aux éventuels faussaires , et que la hausse des prix enregistrée depuis son entrée en vigueur n'est pas significative. Si nous avons appris une leçon de cette expérience, a-t-il commenté en souriant, c'est que la prochaine fois on ne choisira peut-être pas le premier janvier comme date de lancement de l'opération.

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