Bruxelles, 19/12/2001 (Agence Europe) - Mercredi, lors du Conseil Agriculture, le Commissaire David Byrne a fait seulement une allusion au jugement récent de la Cour de Justice de l'UE condamnant le maintien de l'interdiction d'importer du bœuf britannique en France, en indiquant que la Commission se « félicitait » de cet arrêt qui « constitue une évolution juridique significative ». M. Byrne a pris acte d'une manière mesurée de la position française, en disant qu'il avait bien compris que la France avait besoin d'étudier l'arrêt de la Cour et de consulter ses experts avant de prendre une décision.
Lors d'une conférence de presse, le ministre français Jean Glavany a estimé qu'au-delà des problèmes juridiques, il existait de réels problèmes de fond. Le rapport de l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE (OAV) sur la situation de l'épizootie au Royaume-Uni, publié en septembre, « disait des choses très graves », a-t-il noté, avant d'ajouter: « même si on n'en parle pas, le gouvernement français l'a lu. Ce rapport de l'OAV, en utilisant une litote, n'est pas un encouragement spectaculaire à lever l'embargo. » De la même façon, il a reproché aux Britanniques d'avoir refusé le dépistage systématique des bovins de plus de trente mois, « sous prétexte qu'ils ne les mettent pas à la consommation ». Ces sont là des « éléments constituants de la décision français vis-à-vis de l'arrêt de la Cour », a-t-il indiqué. M. Glavany a remarqué par ailleurs qu'il n'y avait pas de « pression insupportable exercée sur nous par la Commission » et a relevé que la Cour avait conclu à une responsabilité partagée par la France et la Commission. Selon lui, l'arrêt montre que la Commission n'a pas pris les dispositions nécessaires pour permettre de contrôler l'origine des viandes (britanniques) lorsqu'elles ont transité par d'autres pays (problème dit du « commerce triangulaire »). « Il faudrait aussi demander à la Commission comment elle compte tirer les leçons de l'arrêt de la Cour », a-t-il ajouté.