Bruxelles, 19/12/2001 (Agence Europe) - La Présidence belge a adopté le 7 décembre au nom de l'Union européenne la déclaration suivante sur le processus de paix en Colombie:
"1. L'Union européenne maintient son appui actif au processus de paix en Colombie et aux efforts courageux consentis par le Président Pastrana. Elle estime qu'il n'y a aucune alternative adéquate à une solution négociée du conflit interne et qu'il serait erroné de mettre ce processus en veilleuse en attendant les prochaines élections. En outre, le mécanisme de négociation devrait être renforcé, toutes les parties devant y apporter leur contribution.
2. L'UE appelle les FARC-EP à retourner à la table de négociation entre autres afin de traiter des questions qui furent convenues à San Francisco de la Sombra en octobre 2001. Elle se félicite de la reprise du dialogue entre le gouvernement et l'ELN. Elle espère que ces deux mouvements feront preuve d'une détermination résolue à chercher des résultats concrets sur la voie d'une solution pacifique et durable du conflit.
3. L'UE appuie sans réserve tous les efforts visant au respect par toutes les parties en cause des droits de l'homme et du droit humanitaire international.
4. L'UE rappelle sa condamnation vigoureuse et constante de la pratique des enlèvements, extorsions et autres crimes, qui sont une violation des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Ces crimes, qui mettent en danger le processus de paix, doivent être condamnés par toutes les parties au conflit. Elle demande aux groupes armés de libérer tous les otages - tant étrangers que colombiens - et de renoncer immédiatement à ces pratiques. Jusqu'à nouvel ordre, les Etats membres de l'UE n'octroieront pas de visas ou de permis de résidence nouveaux à des représentants de ces groupes armés, sans préjudice de la poursuite des efforts des Etats membres de l'Union qui participent aux dialogues entre les parties colombiennes.
5. En effet, à la demande du Gouvernement colombien et des parties au conflit, certains Etats membres de l'Union participent aux dialogues que le Gouvernement du Président Andrés Pastrana a établis avec l'ELN et les FARC. L'UE soutient ces efforts vers une solution négociée au conflit. Néanmoins, elle insiste sur le fait que la position de l'UE envers les groupes armés en Colombie devra être étudiée et révisée en fonction du respect des droits de l'homme, du droit humanitaire international et de l'immunité diplomatique.
6. L'UE est particulièrement inquiète des actions violentes des paramilitaires qui commettent de plus en plus de crimes en toute impunité. L'Union européenne insiste auprès du Gouvernement colombien pour qu'il continue et intensifie ses efforts pour désarmer les paramilitaires et soumettre les responsables des crimes commis - quels qu'en soient les auteurs - à toute la rigueur de la justice.
7. Tenant compte du principe de la responsabilité partagée, l'UE estime qu'il est d'une importance cruciale que les efforts déjà entrepris pour lutter contre les cultures illicites, la production et le trafic de drogues soient poursuivis, tant au plan local que régional dans le respect de la biodiversité et de l'environnement.
8. Afin d'atténuer les inégalités socio-économiques en Colombie, l'UE estime indispensable qu'un programme de réformes socio-économiques décisives soit élaboré et mis en œuvre de façon urgente et indépendamment des aléas du processus de paix.
9. L'UE s'efforcera de mettre en œuvre les engagements autonomes pris dans le cadre du "Programme européen d'appui au processus de paix en Colombie" pour autant que des problèmes de sécurité ne l'entravent pas.
10. L'UE reconnaît les efforts très valables du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans le cadre du processus de paix. Elle estime que le rôle des Nations Unies n'a jamais été plus important et que son représentant devrait être associé davantage à ce processus. En même temps, l'Union fait appel au Gouvernement colombien pour qu'il facilite l'exécution du mandat du Bureau du Haut Commissaire de l'ONU pour les Droits de l'Homme.
11. L'UE attache une grande importance à entretenir un dialogue intensif avec tous les candidats aux élections présidentielles. Elle souhaite qu'ils fassent de la recherche d'une paix négociée une politique d'état.
Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne, Chypre et Malte, pays également associés, ainsi que les pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen se rallient à cette déclaration."