Bruxelles, 14/12/2001 (Agence Europe) - Parmi les résultats du Sommet et social figurent: l'association des partenaires sociaux européens en tant qu'observateurs au sein de la future Convention sur la réforme institutionnelle; - le développement du dialogue social (à savoir la négociation entre patrons et syndicats européens) par l'adoption de programmes de travail pluriannuels, dont le premier sera finalisé avant le Sommet européen de décembre 2002 ; - l'institutionnalisation de la concertation sociale tripartite (discussions entre partenaires sociaux, Conseil et Commission) avec l'organisation d'un Sommet Social avant chaque Conseil européen de printemps, et pour la première fois avant le Sommet de Barcelone en mars 2002. Ces résultats ont été présentés à l'issue des travaux par le Premier ministre belge et Président du Conseil Guy Verhofstadt. Ce Sommet s'est tenu jeudi 13 décembre à Laeken (voir EUROPE du 13/12 p.16) sur les lieux même du Conseil européen, ce qui constitue "une première et est important pour l'avenir du dialogue avec les partenaires sociaux", a fait remarquer la Commissaire aux Affaires sociales Anna Diamantopoulou.
Faisant le bilan des avancées de la Présidence belge dans le domaine social, Laurette Onkelinx a relevé le fait qu'à présent il y avait des critères de qualité des emplois, des plans de lutte contre la pauvreté, une approche de la viabilité des retraites comme un enjeu social avec des aspects financiers- ce qui a été souligné par Franck Vandenbroucke -, une protection des travailleurs face à l'insolvabilité des employeurs. Elle a aussi souligné que la directive information-consultation des travailleurs, surnommée directive "Renault", avait fait l'objet d'un accord entre Parlement et Conseil, "ce qui ouvre la voie à son adoption finale". Un "feu vert" dont s'est réjoui Emilio Gabaglio (CES), pour qui cela représente" l'aboutissement d'un long combat du mouvement syndical européen pour élargir les droits des salariés dans les entreprises". Georges Jacobs (Unice) a indiqué que "les patrons reconnaissent la dimension sociale de l'Europe et entendent jouer leur rôle de partenaire social". Anna Diamantopoulou a annoncé quant à elle que la Commission allait lancer une consultation avec les partenaires sociaux sur les restructurations et la gestion des mutations, un document qui sera présenté vers la mi-janvier". Pour le Président Prodi, "la politique sociale et la politique économique ne sont pas deux cases distinctes: il faut avancer sur les deux fronts". Il a assuré que "dans la Convention européenne, il y aura des partenaires sociaux qui seront actifs et acteurs dans cette Convention". Remerciant le mouvement syndical pour "le déroulement extrêmement ordonné de leur manifestation", M. Verhofstadt a déclaré que la Présidence avait "bien reçu son message pour plus d'Europe et non moins d'Europe et pour une Europe plus sociale", un "message dont les chefs d'Etat et de gouvernement doivent tenir compte lors de leur réunion de Laeken". En marge de l'euro-manifestation, les chefs de file des syndicats belges Josly Piette (CSC) et Michel Nollet (FGTB) ont demandé la désignation d'un "Commissaire européen aux restructurations" qui pourrait être, par exemple, le Commissaire à la Concurrence Mario Monti lequel serait ainsi chargé de suivre les problèmes sociaux des délocalisations. Le Britannique Tom Jenkins (TUC) a plaidé pour une "législation sociale plus forte". Franz Josepf Möllenberg (DGB, Allemagne) s'est dit opposé à une "Europe des multinationales". La Française Nicole Notat (FCDT) a demandé une "Europe plus démocratique, plus puissante et plus sociale, qui sera un bon levier d'intervention dans la mondialisation qu'il faut organiser pour assurer un équilibre entre les pays développés et ceux qui veulent se développer".