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Bulletin Quotidien Europe N° 8113
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/sommet de laeken

Mme Fontaine explique ce que le Parlement attend de la future Convention - Appel en faveur de la Roumanie et de la Bulgarie

Bruxelles, 14/12/2001 (Agence Europe) - "Rien n'est plus fort qu'une idée dont l'heure est venue", a affirmé vendredi matin, en citant Victor Hugo, la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine à propos de la réflexion sur l'avenir de l'Europe, devant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et la Commission européenne réunis en sommet à Laeken. L'objectif est de "rassembler nos Etats et nos peuples sur un projet qui refonde l'Europe unie sans détruire ses acquis", et la déclaration de Laeken "doit mobiliser les énergies d'un continent unifié, qui comptera bientôt près d'un demi-milliard d'hommes et de femmes, et dont les attentes à l'égard de l'Union débordent considérablement les questions institutionnelles", a-t-elle estimé, en ajoutant que pour "conforter ou retrouver l'adhésion des peuples, il faut aérer la démocratie européenne". Le Parlement souhaite donc qu'un dialogue soit noué avec la société civile tout au long de travaux de la future Convention et, surtout, souhaite que la "grande réforme (...) revalorise la méthode communautaire, non par idéologie, mais par réalisme", car, si les institutions européennes ne sont pas renforcées, dans une Europe de près de trente membres "l'unanimité sera quasiment inaccessible", a-t-elle dit, en rappelant que, selon le Parlement, le texte final de la Convention devrait être "une proposition unique et cohérente", que le laps de temps entre la fin des travaux de la Convention et l'ouverture de la CIG devra être aussi court que possible, et que "une Constitution pour l'Union, dont la Charte européenne des droits fondamentaux serait le préambule, devrait pouvoir cristalliser le travail de la Convention et de la future CIG". Je ne doute pas que vous prendrez en considération les suggestions formulées dans notre résolution du 29 novembre dernier, a dit Mme Fontaine aux participants au Sommet. Les présidents des parlements de plusieurs pays candidats m'ont exprimé le souhait d'être représentés au Présidium de la future Convention, et je vous soumets cette requête, leur a-t-elle dit aussi. Et, dans le contexte de l'élargissement, elle a relevé "l'impact négatif " que pourrait avoir dans les opinions publiques de la Roumanie et de la Bulgarie l'annonce de l'adhésion de dix nouveaux Etats membres avant 2004, et a souhaité que l'occasion soit donnée à ces deux pays de rattraper leur retard (ou bien, s'ils ne remplissent réellement pas les critères d'adhésion, qu'on fixe avec eux un calendrier précis montrant qu'ils sont déjà "de la famille").

Quant à la lutte contre le terrorisme, Mme Fontaine a assuré en particulier que le Parlement approuvera dès lundi prochain, lors de sa session extraordinaire de Bruxelles sur le Conseil européen, "le mandat d'arrêt européen qu'il appelle de ses voeux".

Mme Fontaine, en notant qu'elle s'exprimait pour la dernière fois au Conseil européen comme Présidente du Parlement européen, a dit aussi qu'elle quittait ses fonctions avec le sentiment que la "période délicate" marquée par la "démission forcée de la précédente Commission" européenne qui avait "déstabilisé" le triangle institutionnel "est heureusement derrière nous". "Nous disposons aujourd'hui des moyens d'une coopération équilibrée" entre le Parlement et le Conseil que la Commission, a-t-elle estimé, en disant faire confiance à la Présidence espagnole "pour poursuivre dans cette voie".

Enfin, après avoir évoqué l'escalade de la violence au Proche-Orient et l'attribution du Prix Sakharov du Parlement européen à une Israélienne et à un Palestinien unis dans la douleur de la perte d'un enfant et dans la volonté de continuer, malgré cela, à militer pour la paix et la réconciliation, Mme Fontaine a souhaité que l'UE adhère, par des actions concrètes, à l'initiative des Nations Unies qui ont décrété la période 2001-2010 Décennie pour une culture de la paix et de la non violence pour tous les enfants du monde.

Dans sa conférence de presse, Mme Fontaine a évoqué en particulier:

la préoccupation très forte du Parlement (qui l'a exprimée dans une résolution sur laquelle nous reviendrons) quant à la possibilité d'extradition vers des pays qui appliquent la peine de mort. J'ai eu « tout à fait le sentiment » que cette préoccupation était « largement partagée » par les chefs d'Etat et de gouvernement, a-t-elle dit en répondant à une question.

la possibilité de rattrapage de la Roumanie et de la Bulgarie. Oui, je suis pour un renforcement du « concours » à donner à ces deux pays pour qu'ils puissent rattraper leur retard, a indiqué Mme Fontaine pour qui, si la Roumanie et la Bulgarie ne peuvent pas adhérer en même temps que les autres candidats, il faudra au moins fixer un cap clair: « si ce n'est pas 2004, peut-être 2006 ou 2007 », a-t-elle dit.

la Convention. Les candidats connus pour la présidence sont tous d'« excellents candidats », et le Parlement n'aurait aucun problème ni avec Giscard d'Estaing, ni avec Delors ni avec Amato, a affirmé Mme Fontaine, qui estime par ailleurs que l'idée de l'adoption par la Convention d'un document « unique et cohérent » est « largement admise ».

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