Bruxelles, 29/11/2001 (Agence Europe) - Réunis sous la présidence de Marleen Vanderpoorten, ministre belge de l'enseignement et de la formation, les ministres de l'Education de l'UE ont adopté jeudi une résolution sur l'apprentissage des langues qui vise à encourager l'étude de deux langues étrangères, et un avis sur les aspects « éducation » et « formation » dans le projet de lignes directrices pour l'emploi 2002. Ils ont aussi eu un échange de vues sur le rapport intérimaire sur les objectifs futurs concrets des systèmes d'éducation et de formation que devra adopter le Conseil Education du 14 février 2002, pour le transmettre en mars au Sommet de Barcelone.
Les ministres ont donc insisté pour que la contribution du Conseil Education au Sommet de Barcelone soit « très forte » et que certains objectifs concrets (comme la formation tout au long de la vie et la mobilité, qui serait facilitée par un passeport européen ou des bourses d'études) acquièrent une importance accrue. Ils ont par ailleurs insisté sur la « cohérence avec d'autres initiatives comme la stratégie européenne de l'emploi, l'espace européen de l'éducation, le processus de Bologne, les travaux de l'OCDE", etc., et ont estimé que "la méthode ouverte de coordination doit être adaptée au domaine de l'éducation". La Commissaire Viviane Reding leur a présenté la communication sur l'éducation et la formation tout au long de la vie, adoptée la semaine dernière par le Collège (cette communication n'a pas suscité de réaction jeudi de la part des ministres, cette discussion étant prévue en effet prévu pour le Conseil Education du 14 février prochain) ainsi que celle sur la coopération avec les pays tiers en matière d'enseignement supérieur, et a annoncé que 2004 serait l'année européenne de l'éducation par le sport.
« C'est aujourd'hui le 30ème anniversaire du Conseil Education dont le premier s'était tenu sous présidence belge ! Même présidence, même engagement pour que cet espace de la connaissance puisse fonctionner », a déclaré Mme Reding à la presse. Constatant qu' « un grand pas en avant a été fait depuis le Sommet de Lisbonne qui demandait de mettre en place la société de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde », la Commissaire a noté que "nous sommes en voie de réaliser le 5ème pilier - à savoir le pilier Education - du Sommet de Barcelone". Ainsi, a-t-elle constaté, les ministres de l'Education sont maintenant "pleinement dans nos politiques sociale et économique", et ont discuté d'"un enseignement qui fonctionne bien pour tout le monde, d'une formation professionnelle et de la reconnaissance des diplômes" (il s'agit d'une demande de la délégation française).
Les pays candidats doivent être profondément impliqués dans ce processus, et une conférence sera organisée avec eux à Bratislava en juin prochain, a dit Viviane Reding, qui a rappelé que, "pour mettre en place ce continent de la connaissance, qui doit être ouvert aux autres continents", la Commission avait proposé plusieurs pistes, dont le dialogue entre les civilisations et l'élargissement du programme Tempus. A ce propos, la future Présidence espagnole a indiqué qu'elle allait construire des ponts entre les enseignants de l'UE et d'Amérique latine. « C'est la bonne voie, qui nous sortira du bilatéral vers le multilatéral », a commenté Mme Reding qui a indiqué qu'elle allait soutenir la création de centres d'excellence éducative et de chaires Jean Monnet dans les pays tiers et encourager les universités à mettre sur pied des "masters" européens "afin de permettre des échanges d'élèves".
Et elle a précisé, en répondant aux questions de la presse:
- extension de Tempus aux pays du pourtour méditerranéen: "La construction de ponts avec les autres continents implique que nous allons dans ces pays méditerranéens et qu'ils viennent chez nous. Cette politique, nous la développons par un dialogue qui jusqu'à présent n'était pas assez profond, et qu'il faut donc renforcer et ouvrir au niveau des citoyens, jeunes et moins jeunes".
- diversité linguistique : L'utilisation des langues dans les instances officielles est un problème. Il y a 60 langues en Europe, a noté la Commissaire et, pour préserver cette richesse et cette diversité culturelle, les ministres de l'Education ont décidé dans leur résolution que la langue maternelle doit être préservée et qu'il fallait apprendre deux autres langues en plus. "C'est un fait de société, de culture, de respect de l'autre, de connaissance de l'autre culture (…). Nous voulons le plurilinguisme pour les jeunes", a affirmé Mme Reding. Quant à la domination de l'anglais, Mme Reding a noté que c'était la grande langue de communication. « C'est pourquoi j'ai dit l'étude de la langue maternelle plus deux autres langues, sinon j'aurais dit l'anglais plus deux autres langues ! ».