login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8086
Sommaire Publication complète Par article 28 / 40
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/comite des regions

La formation et les ressources, principales préoccupations des villes et régions des pays candidats à l'adhésion

Bruxelles, 07/11/2001 (Agence Europe) - Pour se préparer à l'élargissement, les villes et régions des pays candidats ont besoin de « formation, formation et formation », a déclaré le représentant des autorités locales roumaines à la Conférence organisée les 5 et 6 novembre à Athènes par le Comité des régions et les autorités et collectivités locales grecques sur « les nouveaux modes de gouvernance et le rôle des collectivités locales et régionales dans une Union européenne élargie ». La formation des fonctionnaires et le problème des transferts de compétences qui ne sont souvent pas accompagnés de transferts de ressources sont apparus tout au long de la conférence comme les principales préoccupations des représentants des collectivités locales et régionales des pays candidats dans le cadre des transformations importantes de leur rôle qui accompagnent la préparation de l'adhésion à l'Union européenne. « Nous devons faire des investissements très importants, particulièrement pour l'adoption de l'acquis en matière d'environnement », a ainsi souligné Toomas Välimäe, vice-président de l'association estonienne des autorités locales, tout comme son homologue slovène, Anton Kokalj, pour qui « il faut être vigilant, parce que l'Etat peut essayer de profiter du processus de régionalisation pour donner des compétences aux collectivités locales sans leur accord et sans ressources supplémentaires ». L'établissement de relations claires entre les différents niveaux de pouvoir, souvent en cours de construction, a aussi été abordé par les élus des collectivités locales des pays candidats dans des interventions malheureusement trop brèves parce que la conférence a eu tendance à se disperser sur différents thèmes pour ne plus leur laisser beaucoup de temps de parole, ce dont plusieurs se sont plaints.

Elus des Etats membres et des pays candidats ont fait part de leur expérience du travail « long, complexe et multiple » de mise en place de collectivités locales et régionales là où elles jouaient traditionnellement peu de rôle. C'est un processus de longue haleine, a observé le vice-ministre grec de l'Intérieur, Lambros Papadimas, en précisant les aspects qu'il juge essentiels, et difficiles pour assurer une autonomie économique aux collectivités, convaincre les ministres de céder des compétences, mettre en place un schéma administratif clair et solide, assurer une formation continue aux fonctionnaires et mettre en place des contrôles internes. John Griffiths, de l'Assemblée nationale du pays de Galles, a souligné pour sa part les tensions entre les différentes structures nouvelles ou dotées de nouveaux pouvoirs (autorités locales, assemblées, etc.) qui doivent chacune trouver leur place dans un schéma en cours de construction. « Les collectivités locales vont être amenées à jouer un plus grand rôle, c'est pour nous le grand défi » de l'élargissement, selon Athos Germanos, secrétaire de l'Union des communes de Chypre, pour qui les associations de collectivités locales et régionales ont un autre rôle à jouer: « expliquer la réalité des aides communautaires à des gens qui en attendent beaucoup et souvent trop».

Quel rôle pour les villes et régions dans une Union élargie ? Comment le Comité des régions peut-il aider les collectivités locales et régionales des pays candidats ? Pour le ministre grec de l'Intérieur, Costas Skandalidis, il faut « une Europe forte, des Etats modernes, une administration décentralisée, des collectivités locales et régionales fortes », afin de garantir le maximum « d'efficacité ». Pour autant, il a estimé qu'il « ne faut sans doute pas exagérément soutenir le rôle des collectivités locales et régionales, mais elles doivent être intégrées dans le système ». Le président du Comité des régions, Jos Chabert, a insisté sur le fait que l'UE « a encouragé la prise de responsabilités des collectivités locales et régionales dans les pays candidats, et que celles-ci doivent être étroitement associées au processus d'élargissement ». Le président du groupe élargissement du Comité, Paul Hanningfeld, a souligné que le Comité doit aider ces communes et régions à se construire et à mieux connaître l'UE. Les conférences organisées par le Comité et les associations de collectivités locales dans tous les pays candidats ces dernières années (la dernière se tiendra en décembre en Bulgarie) ont été « une première étape essentielle pour établir des contacts, mais il faut maintenant aller plus loin avec un travail plus détaillé », a-t-il dit. Lord Hanningfeld a évoqué la possibilité de constituer des groupes de travail sur des dossiers spécifiques et pratiques (transport, environnement...), pour « partager l'expertise des membres du Comité ». Il espère aussi que le Comité pourra faire pression pour que les régions puissent bénéficier de fonds communautaires pour organiser entre elles des programmes de formation et d'échanges de fonctionnaires. Le Comité des régions participe aussi à la mise en place de Comités conjoints entre élus des autorités locales et régionales des Quinze et des pays candidats. Un premier Comité devrait être constitué en novembre avec la Pologne, en début d'année prochaine pour la République tchèque, puis pour Chypre et la Slovaquie. « C'est un bon moyen de mener un travail plus concret que lors des conférences », a assuré M. Hanningfeld tout en se demandant s'il est utile de se lancer dans un processus un peu long de constitution de ces comités, dont la création doit être décidée par les Etats membres, alors que des élus de ces pays pourront participer au Comité des régions en tant qu'observateurs «dès que les Traités d'adhésion seront signés ».

Michel Quevit, professeur à l'Université catholique de Louvain, a attiré l'attention de la Conférence sur la nécessité de revoir la politique de cohésion en profondeur, et plus particulièrement de faire en sorte que, au-delà de la politique régionale, les politiques communautaires dans leur ensemble contribuent à l'objectif de cohésion. « Si on conserve le système actuel, il faudrait augmenter les fonds structurels de 140 à 210 milliards d'euros» pour l'ensemble de la prochaine période de programmation, a-t-il averti, en estimant que pour limiter l'augmentation à quelque 100 milliards, il faudra gérer la politique de cohésion de manière « beaucoup plus efficace », notamment par le biais des autres politiques communautaires. Il faut, selon M. Quevit, définir la dimension territoriale des politiques. En matière de recherche, par exemple: la recherche fondamentale se fait au niveau au moins national, « mais le volet innovation est un enjeu territorial » qui doit être pensé comme tel. Cet « effort doit s'appuyer sur un cadre de référence commun »: le Schéma de développement de l'espace communautaire (Sdec) « était un essai, mais c'est un morceau de papier qui n'est pas contraignant, il faudrait le réaménager et lui donner un statut ».

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT