Bruxelles, 11/10/2001 (Agence Europe) - Le géant américain de l'informatique Microsoft pourrait se voir infliger une lourde amende de la part de la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles. Dans sa communication de griefs, dont le contenu a été indélicatement dévoilé au Wall Street Journal, la Commission accuse le groupe américain d'avoir cherché à faire « obstruction » à son examen et d'avoir « menti » aux enquêteurs en produisant 34 lettres émanant d'entreprises qui plaident en sa faveur. Or, ces lettres auraient été soit rédigées par Microsoft lui-même, soit demandées aux sociétés sans que celles-ci soient informées de leur finalité. Rappelons que la Commission avait envoyé fin août, à Microsoft, une lettre de griefs car elle soupçonne l'entreprise de profiter de sa position dominante sur le marché des systèmes d'exploitation pour tenter de dominer également le marché des serveurs (voir EUROPE du 31 août, p.6). Microsoft avait obtenu entre-temps un délai pour le dépôt de sa réponse qui, selon les règles européennes, doit être soumise à l'Exécutif européen dans les deux mois à dater de la réception de la lettre de griefs. Interrogé mercredi à ce propos, le Commissaire Mario Monti a « vivement regretté » la fuite de ces informations qui auraient dû rester confidentielles. Selon lui, il est tout à fait « prématuré », à ce stade, de parler d'amende, même si c'est « toujours une possibilité ». Un responsable de Microsoft Europe a déclaré pour sa part: « Nous coopérons pleinement avec la Commission. Nous n'avons rien fait qui enfreigne les lois anti-trust ni qui fasse obstruction à l'enquête. Mais nous n'allons pas commenter des faits qui relèvent de sujets confidentiels ».